Reconnaître la Palestine aujourd’hui va déjouer la paix

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HAMAS ISIS REC
Publié dans The Times du 25 octobre 2014, par José María Aznar

L’Etat palestinien n’existe pas encore et les seules structures en place qui peuvent ressembler à un état en fonctionnement sont contrôlées par le groupe terroriste Hamas.

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Néanmoins, beaucoup de pays aujourd’hui se livrent à une politique de “reconnaissance maintenant” d’une Palestine putative.
Le 3 octobre, le gouvernement suédois a annoncé qu’il reconnaîtrait la Palestine en tant qu’État. Et le Parlement britannique a voté le 13 octobre l’approbation d’une motion reconnaissant la Palestine aux côtés d’Israël. Bien que plus de la moitié des députés, n’ait pas voté, le résultat fut concluant : 274 à 12.
Nous devrions nous attendre à un mouvement semblable à celui-ci dans toute l’Europe. Peu importe si ces initiatives sont bien intentionnées, la reconnaissance d’un État palestinien est maintenant inappropriée, contre-productive et injustifiée. Elle n’encouragera pas la paix, et elle ne va pas pousser vers une solution négociée. C’est pourquoi : tout d’abord, reconnaître la Palestine va inciter les Palestiniens à s’écarter d’une solution négociée, compte tenu de la ligne dure qu’ils ont adopté jusqu’ici.
Deuxièmement, les déclarations revigorantes ne changeront pas la réalité sur le terrain ; plutôt, elles encourageront l’Autorité palestinienne à poursuivre une stratégie statique dans les négociations, favorisant ainsi l’impasse dans les pourparlers. Les Accords d’Oslo, signés par les deux parties, leur rappellent que la négociation est le moyen de parvenir à un accord.
Des déclarations comme celles-ci, mèneront uniquement la feuille de route définie par Oslo à une chimère, en anticipant une paix qu’il est censé produire.
En troisième lieu, ces initiatives font injustement pression seulement sur Israël. L’Etat juif, harcelé par des voisins et des groupes terroristes, n’a cessé d’offrir des concessions pour parvenir à un accord équitable, pour ensuite voir l’Autorité refuser tout compromis.
C’était Mahmoud Abbas qui avait renoncé à accepter l’accord-cadre américain récemment accepté par Israël. C’était M. Abbas qui avait exigé des concessions inacceptables sur Jérusalem, et c’était M. Abbas qui avait conclu un accord d’unité avec le Hamas, trois mois seulement avant que le groupe islamiste eut commencé une importante série de tirs de roquettes sur les villes israéliennes.
Quatrièmement, Israël est aujourd’hui un rempart contre le Djihad, et les pays occidentaux ont besoin du soutien d’Israël contre cela et les autres menaces à la sécurité mondiale. Reconnaître la Palestine comme un Etat est également une approbation implicite de l’accord entre le Fatah et le Hamas. Comme le Hamas et Isis font parties d’un même front islamiste, l’Occident ne devrait pas légitimer une entité qui serait formée par l’un d’entre eux.
Enfin, nous ne pouvons ignorer le fait que, plus tôt ce mois-ci, lors d’une conférence au Caire, 5,4 milliards de Dollars ont été promis par des donateurs internationaux aux Palestiniens pour la reconstruction de Gaza. Seule la moitié de cet argent sera consacrée à la reconstruction de la bande de Gaza, selon le Ministre des Affaires étrangères norvégien Borge Brende, qui a coprésidé la Conférence. Personne ne sait comment l’autre moitié sera dépensée. Si les fonds sont reçus par un gouvernement géré par le Hamas à Gaza, il est plus que probable qu’ils serviront à consolider son pouvoir, amasser plus de roquettes et construire plus de tunnels pour attaquer les civils israéliens.
L’initiative des amis d’Israël a toujours affirmé que la paix ne peut être atteinte que par le biais des négociations.
Reconnaître la Palestine comme un Etat, malgré les attaques du Hamas sur Israël, est préjudiciable à la paix. C’est pourquoi nous appelons tous les dirigeants responsables des nations libres à rejeter les mouvements unilatéraux qui avantagent exclusivement un côté. Nous demandons aux dirigeants d’exhorter les deux parties à reprendre les pourparlers bilatéraux directs. Si nous voulons avoir un Etat palestinien démocratique, libre, pacifique et prospère aux côtés d’Israël, en reconnaissant une entité qui est loin d’être démocratique, libre, pacifique et prospère, cela empêchera seulement toute possibilité d’existence d’un État dans le futur.
José María Aznar est ancien Premier ministre d’Espagne et fondateur de l’Initiative des amis d’Israël.


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