Les enfants du sud d’Israël chantent contre les bombes

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[youtube http://youtu.be/48P–zVPVKc ]

Ils partent d’un grand éclat de rire pour relâcher la pression. Les rires enfantins contre les bombes, c’est le moyen qu’a trouvé un professeur d’école de la ville israélienne de Sderot, à moins de 2,5 km de Gaza et des roquettes tirées par le Hamas, pour tenter d’accepter un quotidien, qui, de fait, est inacceptable.
Ils chantent dans leurs classes, comme tous les écoliers du monde. Mais les écoliers de Sderot ne sont pas des enfants comme les autres. Ils sont des cibles.

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Cette chanson a été composée par un maître d’école et a été apprise par des centaines d’enfants scolarisés à portée des roquettes de Gaza, pour les aider à faire face au traumatisme et à la peur d’avoir 15 secondes pour courir s’abriter à chaque fois que la sirène rouge retentit.

 

Shachar Bar, un art-thérapeute qui enseigne à Sderot, est devenu de plus en plus alarmé après avoir constaté les effets cumulatifs du traumatisme dont sont victimes les milliers d’enfants de l’Ouest du Néguev, dus à la pluie incessante de roquettes Kassam tirées de Gaza qui s’abat sur leurs écoles. Les professeurs ont signalé les crises de panique et d’angoisse qui explosaient à chaque fois que l’alerte « Sirène rouge » retentissait, donnant aux enfants 15 secondes pour courir s’abriter.

 

« Les enfants connaissaient de réelles régressions comportementales et mentales, certains commençant à souffrir d’énurésie nocturne (syndrome du pipi au lit). » dit-elle. « Ils devenaient hystériques quand l’alarme retentissait – certains restaient paralysés, incapables de courir pour se mettre à l’abri. Un jour je me suis dit qu’il était temps et j’ai utilisé cette chanson que j’avais faite pour une classe de jardin d’enfants. »
La chanson commence avec une imitation de l’alarme, en chantant « tzeva adom tzeva adom », « couleur rouge » en hébreu. En imitant l’alarme on aborde cette chose menaçante de manière ludique, comme dans un jeu, tout en étant en sécurité dans un endroit protégé, entouré des personnes de confiance », explique-t-elle.

La chanson continue, avec les enfants cherchant à s’abriter tout en chantant :

Dépêche-toi, dépêche-toi, dépêche-toi, cours à l’abri
Dépêche-toi, dépêche-toi, parce que maintenant c’est un peu dangereux

« Courir à nos abris ou se cacher sous la table, dépendant du lieu où l’on se trouve, coïncide avec la chanson, » explique Bar. « Il y a un fait : dehors c’est dangereux et on doit trouver un abri »
Mon cœur martèle, boum, bam-bam, boum, boum, boum
Mon corps tremble, doum, dam-dam, doum, doum, doum

« Je légitimise et admets les effets de ma peur et les réactions naturelles de mon corps, » explique Bar, « C’est normal que tout mon corps tremble -j’ai peur. Avec les mots « boum boum » et « doum doum » les mouvements des bras croisés et frappant sur notre poitrine, empruntant à la méthode d’EMDR (« Eye Movement Desensitization and Reprocessing », méthode psychothérapeutique, ndlr) la manière de traiter les traumatismes et les anxiétés. Les mouvements aident à chasser et à faire sortir l’anxiété, améliorant l’état de l’enfant »
Mais je me contrôle
Car je suis un peu différent
… L’impact… boum – maintenant on peut se relever

« Là encore, on reste dans la réalité, » explique Bar. « On entend l’impact et on peut se remettre sur pieds et commencer à relâcher la pression. »

Notre corps tremble, tremble, tremble
Nos jambes se relâchent, se relâchent, se relâchent
Respire fort, souffle loin
Respire fort, maintenant on peut rire

« On respire fort et on relâche l’air –une méthode de yoga, et même un méthode de rire du yoga quand on relâche le rire » dit Bar. « Le rire relâche des endorphines dans notre cerveau et dans tout notre système »
La chanson conclut : Tout est passé et je suis content que ça soit fini – ouais !!!
Bar explique que la chanson s’est diffusée dans Sderot et que le kibbutz (ferme collective israélienne, ndlr) et l’école du Moshav (village agricole, ndlr) du coin l’ont aussi adoptée.
« La joie des enfants après le relâchement… après l’avoir apprise ils demandaient à la répéter encore et encore. Tout à coup, ils avaient un outil pour faire face à tout cela, auquel ils pouvaient se raccrocher. »

Illana Madmoni, professeur de secondaire au Kibbutz, explique comme son cœur se serrait de n’avoir rien à dire aux enfants pour les rassurer entre le silence qui séparait le cri de la sirène et l’impact. « Il y avait de la peur dans leurs yeux quand l’alarme commençait à sonner. Ce vide pendant l’alarme, où tout le monde était silencieux et où ils restaient cachés, sans défense… Maintenant ils n’ont pas seulement moins peur, mais les mouvements et les paroles leur confèrent un pouvoir et ils sentent qu’ils ont surmonté l’épreuve et qu’ils vont de l’avant »
Source: The Jewish Standard


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