Cuisine israélienne : so chic cuisine !

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En cuisine, comme en amitié ou même en amour, il y a parfois des évidences absolues.

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La cuisine israélienne, à bien des égards, ne faillit à ce principe.

Ainsi, j’ai toujours trouvé qu’il était difficile de parler d’une cuisine aussi métissée : en gros, on retombe souvent sur le sempiternel questionnement: “Mais ça donne quoi, au juste, la gastronomie en Israël?!”.

Beaucoup répondront spontanément qu’elle ressemble pas mal aux cuisines voisines et amies : libanaises, ottomanes, soudanaises, etc…

Oui, mais “pas que”. Ce serait évidemment bien trop simple. Il faut aussi compter sur une variété bien plus funky encore!
Bien sûr, comme partout ailleurs dans le monde, il y a, en Israel, de véritables stars de la cuisine, des ténors des fourneaux et des tables étoilées à profusion. Evidemment, ce n’est pas forcément aussi typé et éloquent que peut l’être la discrète cuisine des familles ou encore l’omniprésente cuisine de rue. Dans ce pays où il fait bon vivre dehors, la street food tient une place importante probablement parce que les Israéliens préfèrent souvent se rendre dans un café ou au restaurant pour dîner et se rencontrer.

D’ailleurs, la nourriture en Israël est une affaire sérieuse, on ne badine décidément pas avec l’amour de la cuisine !

Tout comme en France d’ailleurs, les mets sont intimement liés à l’histoire de toutes les composantes de la société israélienne.

C’est justement sa caractéristique première – la variété – qui en fait certainement une des cuisines les plus attirantes au monde car elle emprunte à la fois ses influences à un héritage européen, une dose de nostalgie slave, une générosité toute orientale, c’est sans compter l’apport de toutes ces cuisines encore peu connues auxquelles nos revues Foodista en Europe ne s’intéressent pas forcément.

De quoi ravir les plus intrépides cuisiniers tant l’étendue des possibles est immense!

En France, patrie de la gastronomie, identifier des plats « phare » est un exercice presque trop fastoche. Chaque citoyen du monde, ou presque, sera a priori en mesure de citer ne serait-ce qu’un met qui compose notre chère cuisine, voire de citer en “Français dans le texte” deux ou trois spécialités, et pourquoi pas, avoir une petite idée de la façon dont on a coutume de le préparer. Difficile d’en dire autant de la cuisine d’un pays qui compte moins d’habitants que toute l’Ile de France!

C’est d’autant plus incroyable que la cuisine française elle-même, à travers quelques exemples, a été fortement ponctuée par l’influence de la communauté juive qui s’est installée avec une identité culinaire forte. Notre sacro-saint foie gras, souvent considéré comme “so French” serait – lit-on parfois – dans un passé très lointain, probablement originaire de l’Antiquité égyptienne et fut sans doute introduit par des migrants : séfarades dans le Sud-Ouest et peut-être même essaimé jusqu’en Alsace par la population ashkénaze.

Certains avancent d’ailleurs que notre cassoulet descendrait tout droit du réconfortant “Cholent”, le fameux ragoût hongrois composé de haricots, viande, céréales et légumes qui mijotent plusieurs heures durant.

Quoi qu’il en soit, de nombreux ingrédients ont voyagé avec la population juive du monde entier : l’aubergine, le chocolat, pour ne citer qu’eux.

Avec un tel box-office, les spécialités culinaires d’Israël méritent certainement un intérêt aussi fort que celui que l’on porte à son littoral, à son cinéma ou encore à ses DJ internationalement reconnus.

Je vous propose, donc, de mettre, d’emblée, les pieds dans le plat avec LE met ultime que l’on retrouve à toutes les tables israéliennes : à savoir, le Houmous, of course!

Avant de débattre sur la métaphysique quantique du Houmous, pourquoi ne pas commencer par déterminer ce dont on parle ?

Une consistante purée de pois-chiches, soit. Oui, mais pas seulement !

Un invariable accompagnateur de tout. On y trempe, dans le désordre: french fries, brochettes, crudités, pain chaud, doigts, oignon cru pour certains, fritures et autres objets bien identifiés ayant pour point commun d’être assez criminels pour la silhouette.

C’est littéralement LA mayonnaise du Sud, soit exactement le même scandale diététique qu’à Dijon, Lille ou Bruxelles…mais avec un goût d’enfer !

C’est furieusement bon, alors pourquoi ne pas le trouver de qualité, ici et là, sans avoir à l’impression de partir à la chasse aux trésors ? That is the question !

C’est le genre de régal qui représente exactement la cuisine telle que je la conçois : joyeuse, étonnante, éclectique, agréablement «too much» sur les bords et, surtout, jamais ronflante. Mi-charnelle, mi-rustique.

Un vrai concept, en somme?

La recette :

Pour 4 à 6 personnes / Difficulté : Débutant(e)s / Budget modéré (comptons moins de 10-12 euros, pour cette recette)

– 400 grammes de pois chiches (non précuits) à faire tremper la veille avec une cuillère à soupe de bicarbonate de soude.

– 2 cuillères à soupe de pâte de sésame (dite “tahina, tahini, tehina”)

– Ail pilé selon le goût, 1 petite cuillère à café pour moi.

– 1/2 jus de citron

– Cumin

– Coriandre hachée

– Facultatif : zaatar (thym séché, vous pouvez vous en procurer dans les épiceries et/ou boucheries orientales ou bien, si vous n’en trouvez pas, directement en ligne)

– Une larme de cannelle, qui donne un petit goût plus oriental.

– Sel & poivre

– Mixez finement les pois chiches. Pour ma part, je les ai passés au robot, pour éviter les morceaux, si, en revanche, c’est l’effet que vous souhaitez obtenir, utilisez un écrase-purée).

– Incorporez la pâte de sésame aux pois chiches, puis ajoutez l’ail, le jus de citron, le sel, le poivre de Cayenne, le cumin et une toute petite pincée de cannelle. Il est possible de délayer avec un filet d’huile d’olive, pour la rendre plus liquide. Selon les goûts de chacun, bien sûr!

– Pour soigner la présentation, n’hésitez pas à utiliser un moule siliconé (type mini-muffins ou demi-sphères, cf. photo). Comme en pâtisserie, lissez avec une spatule coudée pour un effet plus net.

– Il est recommandé de laisser prendre au frais au moins 4H avant de démouler soigneusement, à l’aide d’un couteau fin.

Vous pouvez tout à fait présenter le houmous avec quelques pignons de pins torréfiés juste quelques minutes au four.

– Saupoudrez d’un mélange de paprika et zaatar

La petite astuce qui tue : ail pilée « confit », déniché au rayon frais du supermarché, pour éviter de se laver les mains une bonne vingtaine de fois après les avoir rincées au jus de citron,  au café et pour finir au dentifrice (même avec tout cela, l’odeur est tenace, aïe!). Imparable pour éviter que vos petites paluches manucurées ne sentent très fort au moins pour l’éternité, sinon plus encore! :-)

Servir avec quelques tuiles au sésame doré :

1 blanc d’oeuf

25 grammes de farine autant d’huile ( 25 ml)

et une petite pincée de sel –

Le tout mixé et enfourné pour 12 minutes à 210°C

Pour le petit Puit de concombre garni à la salade israelienne (dont la recette est ici), je me suis librement inspirée de la recette de Concombre au Mascarpone de Christophe Felder “Leçons de pâtisserie : Les Mignardises de Christophe” aux Editions Minerva, dont le contenu a été remplacé par une salade aux 4 tomates/menthe et concombre (voir photo).

Sally


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