Les bédouins dans la société israelienne, une histoire de femmes

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Le site Israelandyou nous nous emmène à la rencontre des bédouins d’Israël

Kamle Al-Huajra

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Kamle fait partie de la société bédouine du Negev. Comme dans la plupart des sociétés patriarcales et jusqu’à très récemment, les femmes bédouines tiennent le rôle majeur dans leurs foyers, y compris l’éducation des enfants, souvent entre cinq et huit enfants par famille.

Les conditions très difficiles de la vie nomade dans le désert ont incité ces tribus à se sédentariser pour permettre à leurs enfants d’être scolarisés et suivis au niveau de leur santé. Au cours de leur vie de nomades,  elles ont noué des liens entre elles et se sont constituées en association pour gagner leur vie en offrant des travaux de broderies et

de décoration des tentes. Orna  Goren, dont le père archéologue l’a initiée à côtoyer les tribus bédouines s’est énormément investie dans le projet de l’émancipation des femmes bédouines par le travail. Depuis elles ont pris leur autonomie et sont aujourd’hui à la tête de projets spéciaux dans le Negev. Kamle est l’une d’entre elles.

Mère de huit enfants avec un mari gravement malade, incapable de travailler, elle se fait engager comme aide cuisinière dans la cantine sociale Al Sanabel, créée par Itzik Swidan. Mais elle souhaitait étudier pour devenir chef de cuisine. Ce qu’elle fit avec beaucoup de succès à l’université de Beer Sheva, entre 2008 et 2010.puis en suivant une formation spécifique. Elle dit: Travailler à Al Sanabel où je cuisine comme pour les propres enfants, a largement contribué à l’épanouissement de ma personne, et à entretenir ma famille pour que mes enfants puissent étudier et avoir un futur projeté dans  le monde moderne.

C’est ce qui a été possible en étant israélienne.

Maryem Abu Arkaik

En 1980 un groupe de jeunes bédouines décide de se grouper pour améliorer la situation des femmes de leur communauté et profiter de ce qu’offre la société israélienne car elles sont citoyennes israéliennes.

Sous la houlette de Amal  El Sanaa  elles créent the Arab Jewish Center for Equality, Empowerment & Cooperation. Cette association devient une ONG officielle en 1996, intervenant à Lakia avec un centre international de broderies Desert Embroidery avec à leur tête Naama Al Sanaa qui reçoit des touristes du monde entier dans leur showroom.

Pour Maryem Abu Rkaik l’expérience est différente. Après des études en Israel, elle s’envole pour l’Angleterre et apprend la fabrication de cosmétiques. A son retour dans son village de Tel Sheva dans le Negev, elle décide d’utiliser les recettes ancestrales de sa grand mère, qui était guérisseuse et  avec laquelle a vécu sous la tente pendant plusieurs années.

Elle commence  à fabriquer, dans sa cuisine, des savons à base de plantes du désert et de lait de chamelle, qu’elle distribue autour d’elle. De fil en aiguille, elle fabrique des crèmes de soins, sans oublier toute une gamme d’onguents et de gouttes pour soigner toutes sortes de problèmes dermatologiques allant de la calvitie, de champignons, etc.

Aujourd’hui cette belle et brillante jeune femme possède sa société, un showroom sorti de terre auprès de l’arbre millénaire sours lequel elle reçoit ses clients du monde entier, roule dans un quatre/quatre de luxe et voyage dans le monde pour commercialiser ses produits connus sous la marque The Desert Daughter (La Fille du Desert).

Voila, s’il  en fallait, un autre exemple de ce que ces israéliennes bédouines réussissent dans leur pays, pour leur pays et leur communauté.

Naama Al Sana

 

Elham Al Kamlat

On dit des bédouins qu’ils sont les lointains descendants d’Ismaël et d’une lignée de personnages bibliques tels que Adnan ou Qahtan. Ils vivent surtout au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Ils sont Arabes. Au cours du 20ème siècle, le découpage de la région en vertu des accords Sykes-Picot  a considérablement limité leur statut de nomade. 170.000 d’entre eux se sont installés dans le Sud d’Israël, dans le désert du Negev. Leur activité principale reste l’élevage des chameaux, des chèvres et des moutons jusqu’à très récemment où le mode de vie traditionnel a laissé peu à peu place à la modernité.

 


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