Le taxi-bus en Israël

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Qui n’ jamais rêvé d’avoir un chauffeur à disposition? Plus d’attente à la station de bus, plus d’horaire à vérifier. On l’a rêvé, Israël l’a fait!

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On les appelle les Shérouts. Un étrange mot à prononcer.

Crées il y a plus de quarante ans, ils passent inaperçus.  Fondus  dans le décor. Les Shérouts sont une évidence au pays des miracles.  Des petites camionnettes avant-gardistes volantes. L’ancêtre du covoiturage est né au pays des hébreux.

Ces voitures à dix places arpentent le cœur d’Israël. Au service du transport le plus pratique, le plus rapide, le plus personnalisé et au prix défiants toute concurrence.  Les Shérouts appartiennent au  paysage urbain telle une évidence de modernité en plein âge d’or écologique.

Mode d’emploi du covoiturage  à la mode Kibboutz:

Au milieu d’une rue, on l’appelle d’un signe de main. La camionnette s’arrête à vos pieds, un luxe. La porte s’ouvre. Telle une scène de film d’Almodovar, on pénètre la tête baissée afin d’éviter de se heurter au toit trop bas. Là, on croise les regards des occupants montés avant nous, on ne sait pas d’où. En serrant les fesses on se raccroche à toutes les poignées.  Votre  chauffeur redémarre en trombe, pour ne pas perdre une miette de temps, denrée précieuse au pays des prophètes.

Ca y est. On y est. Installée. Dans la moiteur des odeurs, sur des sièges autocollants.  Ici frémit l’échantillon le plus précis d’Israël. Des philippines, des africains, des italiens, des arabes, des religieux, des gays. Tout y est.  Je suis montée dans un Shérout comme on se jette à l’eau sans savoir nager. En bonne parisienne, on assiste à la scène la plus cocasse, la plus noble d’un peuple en symbiose.

Le chauffeur s’appellera toujours Nahag, traduction directe de chauffeur. Sans le vouloir, on deviendra le maillon d’une chaîne de mains, passant la monnaie de bras en bras. On lui demandera de nous arrêter là, précisément là. Comme l’aura fait devant nous, la grand-mère Olga.  Nonchalante, Olga aura commenté à haute voix  la tenue dénudée d’une passagère naïade montée en tenue de plage, les tongs à la main. Et le chauffeur yéménite, la radio allumée, armé de son talkie-walkie en guise d’animation. Communiquant avec ses confrères à coups de douces insultes, de rigolades, d’engueulades et de chansons orientales fredonnées à tue-tête.

Médusée, on se retrouvera éjectée rue Bograshov,  en plein Tel Aviv. Comme sortie d’un voyage initiatique dans les poumons d’Israël. On  y aura pris goût. Au covoiturage façon kibboutz. A la proximité, à  la simplicité. A ce doux vecteur d’intégration des populations ethniques. Toucher du doigt la complexité d’une population unique,  aux quatre-vingt langues recensées.

Tel Aviv, Haïfa, Jérusalem Eilat, les Shérouts sont une entité, un décor national.

Un chauffeur à la carte. On en a rêvé. Israël l’a fait !


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