Le malade imaginaire s’invite à Jérusalem

Moliere

La pièce de Molière, adaptée par Nissim Aloni, sera jouée au théâtre Khan de Jérusalem du 24 au 27 mars 2013.

Argan le patriarche, avare et hypocondriaque, interprété par Erez Shafrir, ouvre le spectacle et fait son entrée sur un extravagant lit roulant remplit de comprimés et médicaments en tout genre. Obsédé par les aléas imaginaires de sa santé, ce dernier exige des soins et une attention constante que sa seconde épouse Béline, interprétée par Carmit Mesilati-Kaplan, feint de lui prodiguer avec une dévotion presque trop parfaite, laquelle ne dissimule qu’en partie les réelles intentions de celle-ci qui n’attend, en fait, que le décès tant redouté par son mari pour pouvoir hériter de sa fortune.

Le malade imaginaire, dernière comédie écrite par l’auteur classique français Molière, a été traduite et adaptée par l’écrivain israélien Nissim Aloni. Bien qu’écrite et se déroulant durant la seconde moitié du 17ème siècle, cette pièce pourrait tout aussi bien dépeindre une famille contemporaine et possède tous les éléments d’une satire sociale encore d’actualité au 21ème siècle.

En effet, en partant du père colérique et possessif qui considère ses filles des biens qu’il peut marchander et planifie sans vergogne le mariage d’Angélique, l’ainée, jouée par Tamar Alkan, en passant par sa deuxième femme bien plus intéressée par son argent que sa santé, jusqu’au prétendant de sa fille, Cléante qui ne convient pas aux attentes d’Argan puisqu’il n’est pas médecin, toutes les pièces du puzzle satirique sont présentes.

Considérer sa progéniture comme un moyen de satisfaire et glorifier son propre ego n’est toujours pas passé de mode à notre époque et qui n’a pas à endurer les interminables descriptions paranoïaques de symptômes chimériques, fruits d’imaginations sur-productives provenant d’amis ou de membres de sa familles, victimes d’hypochondrie chronique ou aiguë.

Le réalisateur Udi Ben-Moshe et Molière forment un duo efficace et convainquant autour de cette farce colorée dont le décore a été élaboré par Svetiana Berger, soulignant l’aspect intemporel de cette adaptation.

La structure traditionnelle de cette comédie, avec sa distinction entre les différentes classes de la société qui s’inversent, donnant le dessus aux servants, représentés par le personnage de Toinette (Irit Pashtan) dans cette pièce, dont la sagesse et le bon-sens sont largement supérieurs à ceux de leur maîtres. Les malentendus, méprises et quiproquos en tout genre sont évidemment monnaie courante et contribuent au burlesque qui a assuré un succès impérissable aux œuvres de l’artiste français dont les pièces divertissent aujourd’hui le public israélien qui n’est pas près de s’en lasser.


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