Le Hezbollah, quel prix pour la France ?…

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Un dossier en 4 parties reconstitue l’évolution du groupe terroriste en organisation djihadiste

TROISIEME PARTIE

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Le Hezbollah reconnu organisation terroriste

Le 22 juillet 2013, les Ministres des Affaires Etrangères du Conseil de l’UE ont décidé à l’unanimité d’ajouter la branche militaire du Hezbollah à la liste des organisations terroristes.

En vertu de l’accord officiellement conclu, le dialogue avec les partis politiques libanais – dont le Hezbollah – pourra donc être maintenu. Les 28 Etats-membres de l’UE se sont également mis d’accord sur le fait que l’aide financière légitime qu’ils accordent au Liban ne serait pas affectée. La décision sera revue dans 6 mois, ce qui est le délai normal pour réviser ou non une telle position dans ce domaine (décision prise par Catherine Ashton, Haut Représentant pour la politique de Sécurité et des Affaires Etrangères de l’UE , dans un document A395/13 du 22 juillet 2013). [1].

D’après les média, une telle prise de décision par les 28 Etats-membres de l’UE entraîne non seulement un gel des avoirs, mais aussi une interdiction du visa d’entrée pour les personnes concernées, c’est-à-dire,  inscrites sur la liste de la branche armée du Hezbollah et partant, considérées comme « terroristes ».

Depuis 30 ans, le Hezbollah avait systématiquement et méthodiquement mené des attaques terroristes au Moyen-Orient et dans le monde entier.

Dans la plupart des cas, le Hezbollah n’a jamais revendiqué ces attaques, même si parfois, il se cachait derrière des organisations fictives  qui les reconnaissaient  ou simplement niaient  toute implication, ceci dans le but de se protéger  et pour éviter que l’Iran et lui-même ne soient pris pour cibles en cas de représailles.

Cependant, la nature des opérations menées par le Hezbollah ces trente dernières années a donné lieu à de nombreuses recherches et articles rédigés, tant par des professeurs d’universités, que par des experts du renseignement  fiables  qui confirment tous le caractère terroriste du Hezbollah  et son rôle de mandataire privilégié auprès de l’Iran , pays  considéré comme l’exportateur numéro 1 du terrorisme dans le monde.

Pour mener à bien ces opérations, le Hezbollah a établi un dispositif dédié appelé « l’Unité pour les Opérations à l’étranger ». Hassan Nasrallah est le principal commanditaire de ces opérations et son accord est nécessaire pour lancer des attaques à l’étranger.

 

La décision de l’UE distingue la branche militaire et le parti politique du Hezbollah (contrairement aux Etats-Unis, qui a depuis 1995, désigné le Hezbollah dans son ensemble comme un mouvement terroriste).

Mais, cette distinction est en réalité artificielle et n’existe pas : même les anciens leaders du Hezbollah ont affirmé qu’ils ne faisaient pas la différence  entre la branche militaire et le parti politique !

En effet, ces deux entités sont dirigées par Nasrallah et sont liées l’une à l’autre : ainsi, la branche armée du mouvement se renforce en intervenant dans les affaires intérieures du Liban, tandis que le parti – par ses activités sociales et politiques – accroît son infrastructure militaire et terroriste.

Idéologiquement, le Hezbollah remplit les conditions d’une organisation terroriste et par conséquent, colle à la définition de celle-ci.

Il fait un usage volontaire de la violence contre les civils, dans le but de remplir des objectifs politiques et le Djihad (la prétendue  « résistance ») est une idée centrale dans son idéologie.

L’un de ses principes fondateurs est d’une part, la légitimité du terrorisme, et d’autre part, la campagne terroriste incessante et déterminée pour la  prétendue  « libération de Jérusalem » et enfin, la destruction de l’Etat d’Israël .

Un autre principe fondateur réside dans sa profonde et constante haine des Etats-Unis(le « Grand Satan) et de l’Occident en général. Cela se manifeste dans son soutien aux attaques terroristes à l’étranger et son implication à combattre en Syrie.

En France, le Ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, qui jusqu’alors était opposé à toutes mesures contre le Hezbollah, a toutefois déclaré : « Le Hezbollah non seulement s’est engagé pleinement en Syrie mais a aussi revendiqué son engagement ».

On pensait au départ qu’il était peu probable que la France soutienne l’UE dans sa décision de qualifier le Hezbollah comme organisation terroriste. Elle craignait en effet,  que cela ne déstabilise le Liban ; où

« ce mouvement joue un rôle majeur » et par peur des représailles de la FINUL (Force des Nations Unies au Sud du Liban au sein de laquelle on compte un contingent de 900 militaires français).  

Le Parisien, 22 mai 2013

Cependant, au regard des attentats commis à Burgas (Bulgarie en juillet 2012) et à Chypre en février 2013, la France a changé d’avis.

Le Président de la République François Hollande, lors d’un dîner du Crif en mars 2013, a précisé que « les autorités bulgares ont dit qu’elles avaient la preuve de l’implication des membres du Hezbollah dans l’attentat odieux de Burgas qui a visé des touristes israéliens  en juillet 2012. L’Europe doit donc en tirer toutes les conclusions ».

L’ancien Président  de la République, Nicolas Sarkozy, avait en ce qui le concerne, déjà affirmé le 22 mai 2013, lors d’une allocution à l’Université de Natanya que « le Hezbollah doit être inscrit sur la liste des organisations terroristes ».

De même, l’actuel Ministre des Affaires Etrangères français, Laurent Fabius, a proposé d’inscrire la branche armée du Hezbollah parmi les groupes terroristes de l’UE.

Il a annoncé cette décision à Amman (Jordanie), lors d’une conférence « des Amis du peuple syrien » en déclarant : « Compte tenu des décisions qu’a prises le Hezbollah et le fait qu’il a combattu très durement la population syrienne, je confirme que la France proposera d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’UE »

Le Parisien, 22 mai 2013

Laurent Fabius a, de plus, précisé que le Liban était bien au courant de la position de la France : « c’est un point que le Liban connaît ».

Selon nos estimations, la décision de l’UE pourrait avoir une influence concrète concernant la lutte contre le Hezbollah comme organe du terrorisme international.

Car même si la décision n’est pas parfaite, cela rend le caractère terroriste du Hezbollah plus patent et fournit aux gouvernements et aux autorités judiciaires de meilleurs moyens pour faire face à cette organisation en matière de prévention, de renseignements, de politique et pour les questions économiques et judiciaires.

Cela peut permettre  de faciliter le travail des tribunaux pour limiter l’entrée des activistes du Hezbollah dans l’Espace Européen,  de maintenir en détention les activistes déjà présents et de rendre plus efficace la coopération des services secrets afin de les amener devant les tribunaux.

Cela rendra également plus difficile le transfert de fonds servant à financer les activités occultes et criminelles du Hezbollah.

En outre, la décision de l’UE pourrait amoindrir la légitimité du Hezbollah au Liban et limiter son champ d’action, particulièrement en cette période sensible où la réprobation publique vis-à-vis du Hezbollah augmente, du fait de son implication dans la guerre civile en Syrie.

Les opposants du Hezbollah au Liban, en particulier les sunnites et une grande partie du mouvement chrétien, peuvent s’attendre à avoir plus de poids en qualifiant  le Hezbollah d’organisation terroriste et que  plus d’efforts soient faits  pour démanteler la vaste infrastructure militaro-terroriste qu’il a construite au Liban, grâce au soutien des Libanais et des Syriens.

Revendiquer une quelconque participation du Hezbollah  au gouvernement pourrait affaiblir  le Liban et le qualifier comme état sponsorisant une organisation terroriste.

Même lors de la séance du Conseil de l’Europe de mars 2015, portant sur la position stratégique européenne en Syrie et en Irak face à la menace de Daech/ISIL ; le gouvernement libanais avait été accusé de mener une politique dite de « dissuasion » basée sur la Déclaration Baabda de juin 2012 depuis que le Hezbollah et les groupes sunnites ont accru leur participation directe au conflit.

Les confrontations n’ont pas cessé entre les forces de sécurité libanaises et les groupes armés syriens postés autour de la vallée de la Bekaa depuis l’été 2014 et la menace est aujourd’hui perceptible du Nord Liban jusqu’à Tripoli.

Notons que le 7 mars dernier, l’Arabie Saoudite déclarait également terroriste l’organisation « Hezbollah du Royaume » au même titre qu’ISIS ou Al Qaida (selon une note de l’EU – page 289 : file:///C:/Users/pr-info.EMB/Downloads/st10152%20en15.pdf)

Première partie

Deuxième partie

quatrième partie


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