En Israël, la vie est plus gay

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En voyage à Paris pour quelques jours, Nitzan Horowitz, député du parti Meretz à la Knesset, a profité de son séjour pour s’entretenir de l’évolution de la communauté gay en Israël avec les communautés homosexuelles de France.

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La conférence organisée le mardi 6 mai par le Beit Haverim, Groupe Juif Gay et Lesbien, en partenariat avec d’autres associations comme David & Jonathan (Mouvement homosexuel chrétien) et HM2F (Les homosexuels musulmans de France), a en effet été l’occasion de rappeler les avancées spectaculaires accomplies par la communauté LGBT en Israël pour l’égalité des droits, faisant de l’Etat hébreu une exception pour la région, voire à certains égards pour le reste du monde.

 

Outre ses activités au sein du Comité de la Sécurité Intérieure et à la Présidence du Groupe de Coopération régionale, Nitzan Horowitz préside le groupement des LGBT à la Knesset. Ses prises de position au sein des débats parlementaires, notamment ceux liés à la séparation entre la religion et l’Etat, ainsi que l’activisme vigoureux de la communauté gay auprès de la société civile, ont progressivement permis aux homosexuels d’Israël d’asseoir leur place dans la vie publique.

 

L’illustration la plus éclatante de cette réussite est sûrement celle de la Gay Pride. Célébrée pour la première fois en 1997 à Tel Aviv, elle s’est imposée peu à peu à de nombreuses autres villes israéliennes, le nombre de participants augmentant un peu plus chaque année. Très politisée à ses débuts, la Gay Pride s’est progressivement transformée, notamment à Tel Aviv, en un immense Festival (plus de 150 000 personnes y ont défilé l’année dernière) réunissant des homosexuels et des hétérosexuels de tous les bords politiques, célébrant le combat des LGBT pour l’égalité des droits et démontrant la vivacité de la démocratie israélienne sous toutes ses couleurs.

 

Hormis les réticences de certaines mouvances religieuses, les discriminations à l’égard des homosexuels sont faibles au sein de la société israélienne. Nitzan Horowitz, seul député assumant ouvertement son homosexualité à la Knesset, expliquait d’ailleurs qu’il n’avait jamais ressenti de gêne ou de défiance particulière au Parlement en raison de son appartenance sexuelle. Cela ne semble pas le desservir davantage auprès des électeurs puisqu’il a recueilli 40% des suffrages aux dernières élections municipales à Tel Aviv, permettant au Meretz de devenir le parti majoritaire du Conseil municipal de la ville.

Dans un tout autre domaine, rappelons par ailleurs qu’une politique anti-discriminatoire avait été adoptée dès 1993 par l’armée israélienne, désamorçant dès lors la menace de discriminations à l’encontre des gays au sein de l’armée.

 

Plus loin, Israël semble être en pointe sur plusieurs sujets qui constituent aujourd’hui les principaux combats de la communauté LGBT à travers le monde. S’il n’existe pas de mariage civil en Israël, les mariages homosexuels effectués àl’étranger sont reconnus au sein de l’Etat hébreu (à titre anecdotique, notons que le premier couple homosexuel marié en France après l’adoption de la loi sur le mariage pour tous a été invité d’honneur à Tel Aviv lors de la Gay Pride 2013).

Surtout, les législations israéliennes concernant l’adoption, la Procréation médicalement assistée (PMA) et la Gestation pour autrui (GPA), existent ou offrent la souplesse nécessaire aux couples homosexuels pour y accéder. En effet, l’adoption par des couples non mariés est autorisée, ce qui permet aux couples homosexuels d’y avoir recours, la PMA est juridiquement autorisée, tandis que la GPA est interdite mais le gouvernement israélien tolère le retour d’enfants nés par GPA à l’étranger. Enfin, pour remédier à l’absence de mariage civil, plusieurs types de contrats ont été imaginés par des institutions indépendantes et permettent la reconnaissance juridique du concubinage, résolvant les problèmes liés à l’héritage et à la responsabilité des concubins.

 

Parce que la communauté LGBT peut y vivre tranquillement en y jouissant de ses droits, Israël fait  véritable figure d’exception au Moyen-Orient, la plupart des Etats arabes de la région considérant l’homosexualité comme illégale (peines de prison, exécutions, …). Dans l’exposé de ses différentes activités au service de la communauté LGBT, Nitzan Horowitz a d’ailleurs aussi évoqué l’accueil et la protection des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, victimes de fortes discriminations ou violemment menacés par l’ « islam-homophobie »du Hamas.

 

Fervent militant pour la signature d’un accord de paix avec les Palestiniens, Nitzan Horowitz considère ainsi que la réconciliation avec les Palestiniens et l’ouverture d’une plus grande coopération régionale aura aussi une influence positive sur le développement des droits de l’Homme – à commencer par ceux des femmes et des homosexuels – dans les pays voisins, ne faisant plus seulement d’Israël une exception mais un exemple à suivre.


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