2ème place de notre « Concours des rédacteurs » : J’ai fait un rêve

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Chers lecteurs, la semaine dernière nous avions lancé un concours parmi les lecteurs de coolisrael.

Le but de ce concours étaient d’écrire un article sur l’une de vos expériences marquantes avec Israël – positive ou même négative. Nous avions promis de mettre l’article gagnant « A la Une » de notre site pendant toute la journée du 6 février.

Nous avons reçu de nombreux textes, plus surprenants les uns que les autres, et la délibération fut extrêmement difficile.

Nous avons au final sélectionné trois articles. Le lauréat du concours sera mis en ligne à 11h15 et restera toute la journée « A la Une » , le deuxième choix sera posté à 15h00 et enfin l’article arrivé en 3ème position trouvera une place sur notre site vers 17h30 cet après midi.

Merci encore à tous pour votre contribution.

2 ème place : J’ai fait un rêve

Bon ok, en français tout de suite ça fait moins rêver. Mais mon très cher Martin tu me pardonneras j’en suis sur, j’ai vraiment fait un rêve. Ca commence comme ça …

22 mars 1974- 4h du matin. Je viens tout juste de naître.  Fruit d’une très attractive entente entre une femme française et  un homme argentin. Comme beaucoup d’autres, ils sont arrivés au pays pour y grandir en même temps que lui. Pourtant, la contribution est de courte durée.  J’ai juste le temps de naître en Eretz. Quelques mois plus tard, je n’emporte avec moi que ma double nationalité, qui là où j’atterris ne me sert pas à grand chose. Bienvenue chez les Chtis. Lille, royaume nordique de la grisaille, pluviométrie estimée à 8 mois par an. Pour moi les concepts de chaleur et d’ensoleillement font désormais partie des mythes et légendes particulièrement affectionnées par les gens du coin.

21 Juillet 2007. 34 ans plus tard. Israël, Tel-Aviv, Gordon, Laland, la plage. Situation ? Fraîchement séparé de F. ,2 enfants,  et en pleine tentative de redynamisation mentale pendant quelques jours de vacances. Je ne le sais pas encore, mais dans quelques minutes ma vie va changer, radicalement.

Une soirée sur la plage. Rien n’a encore vraiment commencé. Je suis assis avec un ami, on sirote un verre en attendant que les festivités commencent. Et puis elle s’assoit. Une vague connaissance de mon pote. Elle est jolie. Très jolie. Quelques heures plus, tard, je n’ai pas décollé de ma chaise. Elle non plus d’ailleurs. Coup de foudre. Les heures nous paraissent des minutes, les minutes des secondes. Elle m’annonce qu’elle part le lendemain en vacances, à l’étranger. Elle disparaît.

Juillet se termine. Les secondes paraissent des minutes, les minutes des heures, les heures des jours. Mon cerveau est totalement occupé par son souvenir. J’ai perdu minimum 50% de mes capacités intellectuelles.

Les affaires m’appellent en France, et je prévois de rentrer mi-août. Je prévois mais je reste. Je prolonge. Il faut que je la revoie. Je la revois. 2 mois d’amour passionnel, fort, intense. On ne sait pas ou l’on va, mais on sait qu’on y va.

Novembre 2007. Remords, regrets, F. refait surface dans ma vie. Je fais un choix. Le mauvais. Je décide de revenir à une réalité que je pense encore réalisable. Stop. Rêve terminé. Game over.

Avril 2008. En Israël pour quelques jours. A tout hasard, je pense à celle qui un an plus tôt m’a retourné la tête. Quelques mots par mail. Je lui fais comprendre que je suis là. Mail envoyé.
Retour sur ma boîte de réception. Un mail d’elle… une réponse ? Déjà ? Je lis : “au cas où tu seras dans les parages, j’aimerais te voir à mon anniversaire le 1er mai”. Nous nous sommes écrits au même moment, au même instant, alors que quelques mois sans nouvelles l’un de l’autre nous avaient séparés. Premier signe. Je rentre en France.

15 jours plus tard, F. devient définitivement mon ex femme.
48 h plus tard, j’envois un sms Tel Aviv, à celle qui n’a jamais quitté mon esprit, mon cœur, mon âme: «  c’est fait ». Distance parcourue : 3316 kms. 30 secondes plus tard mon téléphone sonne. SMS. : « définitif ? ».
24 h plus tard. Elle est à Lille…quelques jours.
Pendant 2 ans, notre vie ne se compte plus en jours, mais en miles, en kilomètres, en allers, en retours. L’amour à distance nous construit, nous passionne, nous élève si haut qu’il devient impossible après tout ce temps de ne pas ne plus faire qu’un.

26 mai 2009. Elle fait le pas. Elle me rejoint… à Lille. Elle quitte sa vie. Elle rejoint la mienne. Elle quitte son pays, sa ville, ses amis, son job. Elle rejoint notre histoire. 9 mois…

28 Février 2010. On ne peut pas aimer Lille si on a vécu Tel-Aviv. On peut dépérir par amour, mais on peut aussi périr par amour. Elle est fanée, étiolée, triste, vide. Pour elle c’est devenu à présent une question de survie. Elle me quitte. Je suis impuissant, coincé dans ma vie lilloise. Sans pouvoir retenir cette partie de moi qui est en train de s’échapper. L’avenir me paraît sombre. Le présent aussi de toute façon.  Comme une âme en peine, je vagabonde dans les méandres de ma tristesse.

Et puis… et puis cher Martin, il se passe quelque chose d’incroyable.

Un soir, F. avec qui je suis resté en très bons termes me dit ne pas être opposée à concevoir sa vie à Tel Aviv … grosse claque. Le principal frein à ma vie israélienne vient de se lever, grâce à celle avec qui ne partage plus ma vie. Deuxième signe.

2 Avril 2010. Je pars en Israël pour Pessah. Je dois la revoir… au moins pour quelques jours.  15 jours d’amour, une parenthèse, un sursis, et donc une fin. Le coeur totalement rétréci, compressé, me voilà  dans l’avion du retour, 4ème sous-sol, mort.

A côté de moi un homme est en grande conversation avec les hôtesses. Après quelques minutes, je comprends qu’il s’agit de l’affréteur du vol. Intuition, impulsion, je sors mon ordinateur, commence à simuler le travail. Il lui faut 5 minutes : “t’es dans le web ? “ 3ème signe. Le dernier.

9 Juin 2010. 2 mois après cette question, mon adresse postale se lit en hébreu. Celle de mon ex-femme aussi. Mes enfants sont devenus israéliens. Je vis à Tel aviv, je suis directeur stratégique de Partirenisrael.com.

2 février 2012. Presque 2 ans après cette question. , je vis toujours à Tel Aviv. La femme que je n’ai jamais cessé d’aimer attend un enfant de moi.

Je rectifie Martin. Je n’ai pas fait un rêve. Je fais un rêve ☺

Yoram

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