Les tirs de roquettes à l’origine des fausses couches en Israël

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Des chercheurs statisticiens de l’université de Ben Gourion ont trouvé «des corrélations statistiquement significatives» entre l’exposition aux attaques de roquettes à Sderot et les avortements spontanés dus au stress prénatal des habitantes du sud d’Israël. 

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Les auteurs de l’étude expliquent que dans la ville israélienne de Sderot, qui fut l’une des villes les plus meurtries par les tirs de roquette tirés depuis la bande de gaza, entre Avril 2001 et Décembre 2008, plus de 1000 alertes ont été retenties dans ou près de la ville de Sderot, avec 500 d’entre elles au cours de la seule année 2008. Sur les 1132 femmes qui ont pris part à l’étude de Sderot, seules sept femmes ont connu 6 mois de grossesse sans une seule alerte !

Les chercheurs – Tamar Wainstock et professeur Shoham Ilana-Vardi du département d’épidémiologie, de la faculté des sciences de la santé de Ben Gourion et ses collègues, le Dr Liat Lerner-Geva et Saralee Glasser, de l’Institut Gertner à Tel Hashomer et le Dr Anteby Eyal du Centre médical Barzilai à Ashkelon – ont comparé deux groupes de femmes ayant des caractéristiques de santé similaire provenant de Kiryat Gat et de Sdérot.

Wainstock a indiqué à l’agence de presse « Tazpit » » qu’il y avait des associations entre le stress prénatal et les résultats défavorables à la grossesse dans des situations difficiles, y compris les catastrophes naturelles, attaques terroristes, et les guerres. «Nous avons pensé que les femmes à Sderot pourraient également souffrir de stress et a estimé que cela devait être étudié», a déclaré Wainstock. L’auteur cite également que le stress a été traduit par l’augmentation des prescriptions de médicaments contre l’anxiété dans le sud d’Israël ces dernières années.

Kiryat Gat a été choisi comme la ville “non exposée” et qui fut comparée à Sdérot pour plusieurs raisons. L’une d’entre elle était les caractéristiques socio-économiques et démographiques de la ville qui étaient très semblables à celles de Sderot et les femmes enceintes des deux villes ont participé à l’étude à l’hôpital Barzilai d’Ashkelon, hôpital qui est conjoint aux deux villes.

Il est également important de noter que pendant la période qui a été choisie pour étudier les femmes enceintes, Kiryat Gat était encore hors de portée des roquettes, bien que pendant l’Opération Plomb Durci et depuis lors, la ville a été la cible de tirs de roquettes provenant de la bande de Gaza.

La population d’étude finale fut portée au total à 2937 femmes dont 1132 habitant Sdérot et 1805 Kiryat Gat. Il a été constaté que les femmes de Sdérot, exposées au stress d’un environnement de roquettes avaient des taux plus élevés de fausses couches que les femmes à Kiryat Gat qui ne souffrent pas de ce genre de stress (6,9% contre 4,7%). Le niveau de stress perçu chez les femmes enceintes de Sderot était également plus élevé, avec le score de 4.36 contre 3,05 pour Kyriat Gat.

“Les résultats montrent une augmentation significative du risque de fausses couches chez les femmes exposées à une situation potentiellement mortelle pendant une période prolongée, à la fois avant et pendant la grossesse, comparativement aux femmes de caractéristiques démographiques similaires qui n’ont pas été exposées à des alertes ou des attaques de missiles,» écrivent les auteurs.

Les chercheurs ont émis l’hypothèse que l’une des raisons possibles de fausses couches était une augmentation de cortisol due au stress. Ils ont suggéré qu’il était important d’évaluer le niveau de stress chez les femmes aux stades très précoces de la grossesse et chez les couples qui essaient de concevoir.

Wainstock a également ajouté que l’étude est importante car “il peut être pertinent pour de nombreuses femmes, surtout que les alarmes ont retenti dans des secteurs beaucoup plus larges (dans le sud d’Israël) depuis 2008.”


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