Surprise à Sciences Po : “Tu es juive et tu veux la paix ? Et y en a d’autres comme toi ?”

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chefMasterisrael

Un lundi matin à l’université est un matin ou les étudiants ne sont pas encore très réveillés.  Le dimanche a été chargé, de nombreuses heures passées à étudier, plusieurs travaux à terminer et à remettre dès le début de semaine, à quoi s’ajoute une météo pourrie qui nous a privé de la moindre sortie.

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Pour me présenter, je dirai que je suis jeune, normale me direz-vous pour une étudiante,  plutôt sympathique, assez sociable et surtout ouverte d’esprit. Au cou, je porte un  collier avec l’Etoile de David. Certains m’ont déjà demandé comment j’osais porter une Etoile de David, si je n’éprouvais aucune peur ? Ma réponse, toute simple et pour moi évidente : je la porte sur moi  en toute discrétion, comme d’autres viendraient avec une croix autour du cou. Aucune provocation de ma part, simplement le souhait de porter le symbole de ma religion, de mon peuple.

Première semaine de cours : je suis  inscrite en première année de collège universitaire. Les visages ne me sont pas encore très familiers, de nombreux me sont totalement inconnus. J’ai un peu la boule au ventre que connait chaque étudiant qui franchit le seuil de la porte de sa nouvelle Ecole, endroit fréquenté quotidiennement par près de 7.000 étudiants, toute sections confondues. Pas encore venu le temps des grands débats sur les questions politiques du moment. Mais cela ne tardera pas.

Ce jour là, je suis assise à « La Péniche », l’entrée principale de l’école. C’est l’endroit où les étudiants se retrouvent pour travailler sur les travaux de groupes, pour croquer leur sandwich entre deux cours, pour présenter les différents événements de leur association respective,  pour faire leur pub à la veille d’élections dans le cadre universitaire assis derrière leur stand, ou tout simplement, pour papoter et se disserter sur les nouvelles rumeurs et histoires en tout genre.

C’est alors qu’une fille brune, très souriante m’aperçoit de loin occupée à parler avec des étudiantes de ma classe, de différentes nationalités et religions.

Elle est en deuxième année d’études, ne porte aucun signe distinctif.

Que penses-tu de la politique offensive de l’armée israélienne ?

Elle me salue, m’embrasse même et, remarquant l’étoile de David autour de mon cou, son visage change d’apparence, le ton et l’atmosphère deviennent plus sérieux et sa première question qu’elle me posera sera : « C’est toi qui vient de Tel-Aviv? J’ai une question à te poser. Que penses-tu de la politique offensive de l’armée israélienne ?  »

Quel ne fut pas mon étonnement ! Elle n’essaye même pas de savoir qui je suis, comment se passe mon semestre à Paris, si je suis née en Israël ou si je viens d’ailleurs. En fait selon elle aucun intérêt de faire connaissance.

Etant très ouverte d’esprit mais consciente des responsabilités qui sont les miennes lorsque mon pays ou son armée sont mis en cause, je lui rétorque immédiatement : “que veux-tu dire par politique offensive de Tsahal” ? Sans prendre le temps de la réflexion, elle me répondra : “et bien l’armée israélienne possède des avions, des missiles, des armes ultramodernes, le dôme de fer”.

Je lui réponds qu’en effet, Tsahal étant avant tout une armée de défense (j’en profite pour lui expliquer qu’Israël a connu de nombreuses guerres en à peine soixante-cinq années d’existence, pendant lesquelles plus de 23.085 soldats sont tombés) étant donné que son droit à l’existence même en remis en cause, elle n’a pas d’autres choix que de devoir posséder des armes sophistiquées non pas pour bombarder des civils palestiniens comme l’allusion avait été faite mais pour se défendre des attaques terroristes incessantes que connaissent une partie de la population civile israélienne (je lui rappelle alors les 14.000 roquettes lancées depuis la bande de Gaza en moins de dix ans, les attentats suicides à toute heure de la journée en 2001 et ce pendant cinq longues années ). Ces armes de défenses servent aussi à détruire les bâtiments abritant de nombreux stocks d’armes qui n’attendent qu’à être tirés en direction du territoire israélien. En effet, si Israël avait déposé les armes, il n’y aurait déjà plus d’Israël.

Lorsqu’elle évoque le Dôme de Fer, je ne peux m’empêcher de sourire, peut être même un sourire arrogant car je perçois très bien que la jeune étudiante sait très bien à quoi sert cette installation. Elle m’attaque sur le sujet comme s’il était interdit à un gouvernement de protéger son territoire et sa population contre les attaques ennemies.

 Très naïvement, je lui pose la question de savoir si, dans l’hypothèse où une ville de France était quasi quotidiennement la cible de roquettes venant de son voisin et que le gouvernement français mettait tout en oeuvre pour défendre sa population, ses écoles, ses hôpitaux etc, elle marquerait son accord avec cette politique de défense ou si, au contraire, elle irait manifester contre cette politique de défense.

 Très embêtée, elle éluda la question et changea de sujet de conversation.

L’échange n’aura duré qu’une vingtaine de minutes au cours desquelles on accusa Israël de rejeter un accord de paix, d’avoir des soldats « criminels ». L’incompréhension était aussi totale devant mes explications pour justifier la construction de la « barrière de sécurité », le besoin de posséder des batteries anti-missiles.

Ce qui me choqua le plus, c’est d’entendre cette phrase sortie de la bouche de l’étudiante : En résumé, vous possédez des avions, une armée organisée, .. il est donc parfaitement légitime que les palestiniens aillent se faire sauter dans les restaurants, dans les galeries commerçantes.

Un discours pro-palestinien rempli d’amalgames 

Comment  une jeune fille, l’élite de demain, peut elle mettre sur un même pied des terroristes s’attaquant à des civils à une armée qui n’a d’autre but que de défendre la population. Comment ose-t-elle se pretendre pro-palestinienne et egaliser les palestiniens a des terroristes ?

Lui faisant remarquer l’amalgame terrible qu’elle faisait, elle a rougi et, comme par hasard, souhaita mettre fin à l’entretien car il était temps pour elle de se rendre dans l’auditoire.

Une fois seule, je me suis posée plein de questions : que connait-elle réellement du conflit israélo-arabe, ses origines, son histoire ? D’où a-t-elle tous ces préjugés ? Lui a-t-on fait un lavage de cerveau ou, tout simplement, n’est elle pas suffisamment intéressée pour s’informer sur la réalité de ce conflit. Pourquoi s’imagine-t-elle que les israéliens , juifs  et eux seuls refusent la voie de la paix ? Comment est-il possible qu’une étudiante d’une école d’une aussi grande réputation que « Sciences Po » pouvait à ce point refuser d’entendre l’opinion de quelqu’un qui ne partage pas son point de vue ?

Ne faut-il pas lui suggérer de se rendre sur place, de voir la réalité sur le terrain afin de se construire une opinion ?

 Il est vrai, une armée peut commettre des bavures, surtout en temps de guerre ou de conflits intensifs. C’est vrai que, parfois, des victimes collatérales sont à regretter alors que tout est fait pour éviter cela. Quelle autre armée que l’armée israélienne largue des tracs par milliers pour prévenir la population de Gaza qu’elle déclenchera une attaque ciblée contre un ou plusieurs lieux abritant des installations terroristes ?

Quel autre pays qu’Israël donne ordre à ses troupes de contacter un maximum d’habitants par téléphone pour les prévenir de l’imminence d’une attaque afin que la population puisse prendre le temps de se mettre à l’abri ?

Israël serait-il donc le seul pays au monde à qui le droit de se défendre est interdit ?

Israël doit-il donc être le seul pays où les habitants doivent attendre, sans réagir, que des individus terroristes s’attaquent à eux ?

Je suis juive,  je vis en Israël. Les jeunes israéliens donnent chacun 3 ans de leur vie pour protéger ce pays et ses habitants. Dès demain, ils seront appelés, année après année, pour des périodes de « réserves » qui les sépareront des leurs.

Moi aussi, je n’aspire qu’à une seule chose : que la paix puisse exister entre Israël et ses voisins, que chacun puisse vivre en paix et que les enfants palestiniens soient demain les amis des enfants israéliens.

Lorsque j’ai expliqué cela à mon interlocutrice, avant qu’elle ne me quitte, elle me regarda et fut très surprise par mes propos.

Sa réaction de surprise, m’attrista très fort.

Tout simplement.

Voire aussi : Des substances hallucinogènes circulent dans les couloirs de Sciences Po


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