Facebook soutiendrait-il la corruption palestinienne?

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Khaled Abu Toameh

Le compte Facebook d’un journaliste arabe du Jerusalem Post, Khaled Abu Toameh, a été fermé cette semaine suite à une campagne massive de signalisations de sa page par des activistes pro-palestiniens.

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Khaled Abu Toameh, correspondant pour les affaires arabes et palestiniennes du Jerusalem Post depuis 2002, avait posté sur sa page Facebook un lien vers l’article d’un quotidien jordanien relatant le procès pour corruption de l’ancien chef des renseignements jordaniens. Il a également partagé un lien vers un billet écrit sur son blog personnel pour l’institut Gatestone dont il est contributeur, dans lequel il accuse l’Autorité Palestinienne de corruption.

L’Autorité palestinienne travaille dur pour que le monde extérieur ne puisse entendre tous les évènements qui pourraient donner une image négative de ses dirigeants ou de son peuple“, écrit Abu Toameh en commentaire au lien de l’article. 

Abu Toameh a reçu des courriels haineux et des menaces de mort en réponse à ces liens postés.

Le journaliste affirme avoir déjà reçu du courrier de ce genre auparavant, mais c’est la première fois qu’il voie un tel déferlement de haine et une telle virulence dans les propos tenus par ses détracteurs.

Une campagne Facebook a été menée par ces activistes pro-palestiniens pour signaler son profil et ses articles à Facebook. Abu Toameh reçoit quelques jours plus tard un message de Facebook affirmant qu’il avait publié un article qui viole les conditions d’utilisation de Facebook. Et puis, sans avertissement, son profil Facebook a été suspendu avec pour seul message d’explication: “Votre compte a temporairement été suspendu pour des raisons de sécurité.”

Selon la charte de Facebook, le site se réserve le droit de supprimer tout contenu ” perçu comme un risque réel de préjudice physique ou une menace directe à la sécurité du public sécurité “.

Mais “depuis quand critiquer les gouvernements arabes est illégal? Les révolutions du printemps arabe se sont faites notamment grâce à Facebook.” ajoute-t-il.

Le compte Facebook d’Abu Toameh a été réouvert 24 heures plus tard, mais les deux liens postés ont été supprimés sans autre forme de procès.

Abu Toameh a déclaré avoir envoyé plusieurs demandes à Facebook pour expliquer la suppression de ses messages mais ses réclamations sont restées sans réponse.

Abu Toameh accuse Facebook d’avoir cédé à la pression du nombre face à la liberté d’expression journalistique et de s’être précipité pour fermer son profil sans vérifier au préalable de ce dont il s’agissait.

Il ajoute que cette censure nuit fortement à son travail journalistique et à sa relation avec ses sources et ses lecteurs.

Certaines personnes ont posté une photo de moi avec une étoile de David sur son front“, a déclaré Abu Toameh. “Il semblerait qu’une réelle campagne de diffamation se soit engagée contre moi“, a- t-il ajouté.

Cette action prouve qu’il n’existe pas de véritable censure sur le contenu des propos mais les fermetures de comptes dépendent principalement du nombre d’utilisateurs signalant un fait.

Tous les jours, les internautes sont confrontés à des messages racistes, antisémites, xénophobes qui polluent le web, Facebook et Twitter, des profils et des groupes entiers échangent des propos illégaux en toute impunité sans que ni Twitter ni Facebook ne réagisse.

Abu Toameh a souligné que Facebook ne censure les profils d’aucun dirigeant du Hamas et d’autres terroristes connus alors que dans sa propre charte des standards de la Communauté Facebook, il est écrit  “Les organisations connues pour des activités terroristes ou criminelles ne sont pas autorisées à utiliser notre site. Nous interdisons également la promotion, la planification ou la célébration d’actions qui pourraient porter atteinte à autrui“.

 


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