1950-1975 : L’époque de la lune de miel israélo-iranienne

Hauts responsables iraniens de la défense avec leurs homologues israéliens au siège de l'armée israélienne, 1975
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Alors que l’Iran menace Israël de destruction depuis des années, qu’il cherche à s’enraciner en Syrie pour pouvoir intimider davantage Israël, qu’il finance et alimente en armes et missiles des groupes terroristes comme le Hezbollah qui affirme également vouloir la destruction d’Israël, il est intéressant de rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi et qu’il fut un temps où les deux pays entretenaient de bonnes relations, durant une trentaine d’années avant que la révolution islamique iranienne de 1979 ne vienne ternir ce lien et faire d’Israël, un pays si détesté par le régime qu’il en appelle ouvertement à sa destruction.

Certes, le 29 novembre 1947, l’Iran avait voté contre le Plan de partage et la résolution 181, lors de l’Assemblée générale des Nations Unis mais en 1950 il était le deuxième pays musulman à reconnaitre Israël de facto. Pétrole et coopération militaire ont été les deux axes principaux de cette relation. L’Iran était le seul pays de la région qui vendait du pétrole à Israël ; les deux Etats menaient des projets communs dans la médecine ou l’agriculture et la compagnie d’aviation israélienne El Al proposait des vols réguliers à destination de Téhéran.

Bureau de la compagnie aérienne israélienne El Al en 1970 à Téhéran

Avec la révolution islamique de 1979, l’un des principaux axes idéologiques du nouveau pouvoir étant la haine de l’occident et du sionisme, les relations entre les deux pays périclitèrent gravement et la désormais République islamique d’Iran mit fin aux relations diplomatiques et attribua symboliquement l’ancienne ambassade d’Israël à Téhéran à l’OLP (organisation pour la libération de la Palestine).

Il est important de comprendre que la haine de l’Iran envers Israël n’a pas toujours existé, et qu’elle est spécifique au régime islamiste qui dirige l’Iran depuis 1979 et dont le fondateur, l’ayatollah Khomeini, animé d’une idéologie islamiste radicale se disait fier de symboliser la lutte contre le « régime sioniste ». Cette haine est notamment illustrée par le financement du Hezbollah, groupe terroriste chiite libanais, auteur d’attentats qui ont causé des centaines de morts au Moyen-Orient, en Argentine, en France et ailleurs.

C’est cette idéologie qui s’exprime dans des déclarations comme celle du Général Hossein SALAMI, qui déclarait, le 28 janvier 2019, que la stratégie de l’Iran était de « rayer le régime sioniste de la carte politique du Moyen-Orient » ou celle du guide suprême Khamenei, le 3 juin 2018 : « Notre position contre Israël est la même que celle que nous avons toujours adoptée. Israël est une tumeur cancéreuse maligne dans la région de l’Asie occidentale qui doit être enlevée et éradiquée : c’est possible et cela va arriver. »

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Photo principale : Hauts responsables iraniens de la défense avec leurs homologues israéliens au siège de l’armée israélienne, 1975



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