Littérature: “Le Bruit de Nos Pas” de Ronit Matalon en librairie

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Le dernier roman de l’auteur israélienne Ronit Matalon, traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech (Editions Stock), sortira le 22 août 2012 en librairies en France.

“Le bruit de Nos Pas” raconte l’histoire d’une famille dépareillée dans une baraque au milieu des ronces d’un vieux quartier d’immigrés en Israël. Le père, révolutionnaire séfarade déçu, est l’éternel absent qui va et vient comme une ombre. La mère tient tête à l’échec en faisant de la « baraque » un cœur palpitant, un espace ouvert qui comble tous les manques. Il y a la sœur, Corinne, grande coquette, et le frère, Sami, serrurier fou au grand coeur. Et « l’enfant », qui n’a pas de prénom, mais un regard et des oreilles qui enregistrent comme un sismographe le bruit des pas et des humeurs. La Nona – la grand-mère – la couve à sa manière et raconte par bribes l’Egypte perdue, les secrets troublants. Surtout quand la mère part à l’aube pour aller faire le ménage chez d’autres et ne revient qu’à minuit.

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Ronit Matalon est née en 1959 en Israël dans une famille d’origine égyptienne. Elle a étudié la littérature et la philosophie à l’université de Tel-Aviv. Elle a travaillé comme journaliste pour la télévision et le journal « Haaretz » dont elle a été la correspondante à Gaza et en Cisjordanie pendant la première Intifada, puis critique littéraire. Aujourd’hui, elle enseigne la littérature comparée et hébraïque à l’université de Haïfa, l’écriture de scénarios à la prestigieuse école de cinéma Sam Spiegel, et elle est membre du Forum pour la culture méditerranéenne à l’Institut Van Leer.

Ronit Matalon

Un extrait :
Le bruit de ses pas : ni un cliquetis de talons, ou un raclement de sabots, ni un frottement de semelles ou de pieds qui traînent sur les pierres du trottoir conduisant à la maison, non. L’absence de bruit de ses pas, l’angoisse qui se répand à l’approche de sa venue, son « entrée », le silence absolu, plein, mesuré à l’unité temporelle de douze minutes et qu’annonçait l’arrivée de l’avant-dernier autobus, celui de onze heures et demie du soir, dont elle descendait. Elle ne marchait pas, la mère, elle glissait. À toute vitesse, dans un silence absolu, horizontal, qui fendait le silence équilibré de la rue. Que portait-elle à cette époque-là, quelles chaussures, ou plus exactement : avec quoi allait-elle au combat, comment, avec quelles armes. Son pragmatisme jusqu’au moindre détail, la sacralité du but, de l’utile. Elle aimait tellement l’utile, le nécessaire. Je me souviens de ses dernières chaussures parce que c’est moi qui les avais achetées, mais les premières dans ma mémoire, je m’en souviens moins.


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