Yehuda Maor : “J’ai trouvé un diamant dans un tas de pierres”

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Yehuda Maor est un israelo-americain, maître de ballet et fondateur de la Maor Dance Workout.

La formation de danse de Yehuda Maor a commencé très tôt dans son Israël natal. Il a ensuite étudié avec des professeurs aussi estimés qu’Inessa Alexandrovich (Bolshoi), Kenneth Mason (Royal Ballet) et Jean Geadis (Ballet national du Canada). En 1968, Yehuda Maor rejoint la Bat-Dor Dance Company d’Israël en tant que danseur principal, reçoit nombre d’éloges pour ses performances toutes plus abouties les unes que les autres et pour lesquelles le New York Times, le London Times, ou encore le Dance Magazine vantera les prouesses du danseur.

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Mais c’est enfin dans les années 70, à New York et sous l’influence de Maggie Black, professeure de ballet réputée, qu’il développera ses compétences en tant qu’éducateur de danse, intégrant plusieurs des idées de sa professeure dans sa propre philosophie d’enseignement.

Son talent chorégraphique l’amènera à devenir un professeur de ballet renommé, a l’instar de Maggie Black, ainsi que chasseur de talents quand l’occasion se présente comme ce fut le cas en Inde, en 2014.

En 2014, Yehuda Maor fut invité par l’Académie Danceworx afin d’enseigner le ballet en Inde, un pays sans académies de danse particulière ou il rencontra son futur prodige et protégé: Amiruddin Shah, 15 ans, fils d’un soudeur des bidonvilles de Bombay. Amiruddin ne connaissait rien au ballet lorsqu’il décida en 2013 de quitter le bidonville et sa famille pour s’inscrire tout d’abord à des classes de hip-hop, destinées aux enfants de milieux défavorisés. Il ignorait encore que cette inscription allait changer le cours de sa vie.

C’est dans ce centre que, l’année suivante, il attire l’attention du professeur Yehuda Maor. L’Israélo-Américain, convaincu du talent naturel du jeune homme, le persuade de rejoindre ses classes de ballet. L’enseignant soumet son protégé indien à un entraînement strict, lui inculquant des mouvements complexes comme la pirouette ou la pointe.

“En tant que professeur de ballet, j’ai été formé à repérer les points faibles d’un danseur. Avec lui, je ne trouve pas de point faible. C’est un modèle à lui tout seul!”, explique Yehuda Maor a l’AFP.

En 2016, Amiruddin et un autre protégé de Maor ont obtenu des bourses pour aller étudier à l’école de ballet Joffrey à New York, mais aucun des deux n’a malheureusement pu avoir son visa à temps.

Ils ont ensuite eu la possibilité de passer un an à l’Oregon Ballet Theatre de Portland mais Amiruddin en est revenu au bout de trois mois, son professeur pressentant qu’il lui était possible de viser encore plus haut!

Désormais, avec son visa en poche et une épargne de 13.000 dollars récoltés par l’intermédiaire d’un appel aux dons sur Internet, Amiruddin est prêt à faire sa rentrée en août à la Jacqueline Kennedy Onassis School, école de ballet renommée et ce, moins de trois ans après avoir découvert la danse, et plus précisément le ballet.

Il espère que cela le mènera à un contrat professionnel qui lui permettra de se produire dans le monde entier, de transformer la vie de ses parents et de ses sept frères et sœurs dont il rappelle le fait qu’ils ont souvent eu des difficultés à subvenir à leurs besoins, et d’enseigner la danse à d’autres enfants qui ne peuvent pas se permettre de payer leurs cours et de potentiellement accéder à leurs rêves.

Une belle histoire, un jeune homme plein d’avenir, et un destin qui rappelle sans nul doute celui du film “Billy Elliot”, fils de mineur anglais prenant des cours de ballet en secret et dont la professeure de danse repère immédiatement un talent potentiel, le poussant à devenir danseur de ballet professionnel.


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