Service Civique: Israël mon amour

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Dans quelques jours s’embrasera la première bougie des volontaires, partis faire un service civique en Israël. En 2015, la nouvelle délégation OSE, envoyée au Moyen Orient, était la première à servir le pays. Un voyage auquel j’ai participé et qui a signé mon histoire d’amour avec Israël.

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Passeport en main, motivation au garde à vous, et une peur de la taille du réacteur Airbus, nous voilà tout 13, furieux d aventures. La rotule claquante contre le siège A 26. En cause: l’interculturel, la langue, les codes sociaux… un écart majeur à gravir.

Oublier les cocotiers et le quotidien français. Les ambitions de chacun sont multiples mais la mission de Service Civique n’est qu’une: venir en aide aux personnes en situation sociale précaire.

A vos marques, prêts, surprises

A notre arrivée, nous sommes reçus à l’ambassade d’Israël avec une explication clé.

Israël est un arbre qui doit se dépêcher de grandir. Il n’y a pas de temps pour les manières: l’israélien est son fruit, disons un sabra, une figue de barbarie si vous préférez. Piquant à l’extérieur, tendre à l’intérieur”.

Une métaphore bien opaque pour éveiller notre motivation. De l’hébreu à la colocation avec des allemands, en passant par la culture déboussolante, le défi est définitivement complexe. Volontaires dans des hôpitaux, des kibboutzims, ou des centres équestres pour enfants handicapés, je suis cernée de jeunes qui, comme moi, ont décidé d’éprouver leur confort au profit des autres. Pour ma part, je rejoins la communauté mondiale féminine,Wizo, pour développer des activités ludiques et pédagogiques.

Entre désenchantement et espoir

Comme toute expérience à l’étranger, la différence est frappante. La proximité n’est pas la même et la politesse n’aide en rien, au contraire. La franchise et le franc-parler deviennent de précieux alliés. Chaque sortie devient un périple légendaire digne des plus grands péplum. Pour garder le cap, il m’a fallu devenir sage.

“Quand tu auras fini d’avoir peur, tu pourras apprécier tout l’humour de la situation. Tu y apprendras une leçon et fera un pas de plus dans ton amour propre“. 

Leitmotiv certes étrange mais fort utile en cas de panique solitaire.

La barrière de la langue, a sûrement été notre plus grande frustration. Heureusement, le genre humain à un langage universel, mélange d’expressions corporelles et d’intonations gutturales . Avec l’aide de mes collègues, plus prévenantes et maternelles qu’une famille, j’apprends  aussi à m’intégrer dans l’arbre. Je mûris au même rythme que les enfants, qui nous bercent de tendresse.

Un bien pour un bien

Un tel voyage est un passage entre l’euphorie et la désillusion.  Les séminaires organisés visent à comprendre la complexité de cette société aux milles strates. La rencontre des réfugiés soudanais et érythréens, des druzes, des arabes et juifs coexistants, les initiatives qui œuvrent pour cette coexistence, les rencontres fortuites … ce pays m’offre plus de choses que ce que je suis venue lui proposer. Dans la rue, lorsqu’une discussion s’amorce avec un israélien, démarche on ne peut plus commune, il est impossible d’échapper à une invitation en guise de remerciement pour notre implication.

Inverser le sablier

Mon sac à dos et le pouce en l’air me permettent aussi d’explorer une communauté de voyageurs. L’entraide d’âmes solidaires, heureuses d’écouter mon histoire, et de partager la-leur s’incruste en moi pour retrouver une sérénité. Tous ici ,semblent défendre une vie et une place difficile à maintenir, néanmoins méritée.  Qu’ils soient natifs ou réfugiés, leur priorité n’est pas occidentale. Elle est de savourer chaque moment sans guetter avidement la réussite.

Le bilan du ticket gagnant

Malgré le tampon “touriste” inscrit sur ma cuisse trop blanche et maigrement entraînée aux 36 degrés du pays, j’arrive à la fin de ma mission. Chaque souvenir, rythmé par les fêtes battantes du calendrier hébraïque, la reconnaissance presque éternelle de cette société, et mes nouveaux liens affinent l histoire que j’entretiens avec cette terre.

C est ainsi que chacun de nous, avons appris à nous reconnecter pour mettre un sens à une course que l’on menait, sans but ni fin précis. Cette société nous a appris à regarder la route en face, libéré des carcans sociaux qui nous ont exhorté à partir, sous peine de suffoquer. Apprendre à vivre avec ce qui nous caractérise, sans plus attendre d’atteindre mieux. Ce service civique fût une expérience unique, qui tend à donner un vrai pouvoir et une voix.

Bon Anniversaire et à votre tour !


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