Contrôle de l’usage des fonds humanitaires : un défi constant

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Chaque ONG ou agence spécialisée dans l’aide humanitaire réalise la difficulté du contrôle de l’usage des fonds humanitaires. Le combat contre la corruption qui peut avoir lieu au sein de ces organisations constitue un véritable défi.

A l’heure où plusieurs scandales de détournements de fonds humanitaires par le Hamas éclatent au grand jour, notamment celui de l’ONG World Vision et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), il est également important de se rendre compte que cette stratégie du Hamas n’est en rien un phénomène nouveau.

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Il y a quelques jours, la presse a révélé qu’un ingénieur travaillant pour le PNUD dans la Bande de Gaza avait utilisé son poste pour fournir une assistance matérielle au Hamas.

La même agence des Nations Unies pour le développement avait déjà été confrontée à des détournements suspects dans la Bande de Gaza en 2013, avec l’utilisation d’une partie des projets et fonds de l’organisation par certains individus non-employés des Nations Unies.

Un rapport alarmant de 2013 sur l’organisation des ressources humaines du PNUD à Gaza

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), dont un des sièges se trouve à Jérusalem, sa branche étant appelée le Programme d’Assistance au Peuple Palestinien (PAPP), coordonne les activités humanitaires en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et également dans la Bande de Gaza.

Chaque année, une agence spécifique des Nations Unies, le Bureau des Nations Unies pour l’Audit et les Investigations, rend un rapport sur chaque organe et agence des Nations Unies en détectant les éventuelles fraudes ou manquements aux règles et à l’éthique de l’organisation.

En ce qui concerne le PNUD, le rapport annuel de 2013 a dévoilé qu’au moins cinq individus extérieurs et non-employés de l’organisation ont bénéficié de responsabilités principales dans certains projets de construction d’infrastructures, relevant normalement de la seule compétence des employés des Nations Unies. Mais ce n’est pas tout. Le rapport évoque également le fait que 43 autres individus non-employés du Programme des Nations Unies pour le Développement auraient bénéficié par des contrats de fonctions principales dans certains services sans que leurs activités aient été spécifiées.

Une multiplication des contrats avec des individus extérieurs aux Nations Unies

Par ailleurs, les Nations Unies distinguent les “mises en œuvre directes” fondées sur des projets exécutés uniquement par des membres de l’organisation, des “mises en œuvre nationales” où des partenariats sont établis avec des agents locaux, en l’occurrence des civils palestiniens dans le cas de la branche de Jérusalem. L’organisation émet également la recommandation qu’une priorité soit donnée à des “mises en œuvres directes” de projets, ne requérant aucune interférence extérieure, notamment quand des risques de détournement des fonds accordés lors des contrats sont à craindre. Or, en 2013, le PNUD n’a établi aucune “mise en œuvre directe” à Gaza, ce qui a pu renforcer le risque d’un détournement de fonds par des populations locales, ou les autorités du Hamas, d’autant plus que 2013 a été une période féconde pour la construction de nombreux tunnels par le Hamas dans le cadre de la préparation de ses activités terroristes envers Israël.

Ce constat inquiétant de 2013 est en grande mesure semblable aux accusations émises par les autorités israéliennes de détournement de fonds humanitaires du PNUD par le Hamas, à ses fins terroristes. En cela, tant que les ONG et organisations internationales ne tiendront pas davantage compte de la vigilance à adopter face aux risques de détournement de fonds par des organisations terroristes tels que le Hamas, leur activité sur le terrain sera contre-productive. Le contrôle des employés et de leurs activités doit alors être renforcé, non pas uniquement en ce qui concerne le contrôle des fonds de l’organisation, mais également dans l’usage qui peut en être fait.

Pour accéder au rapport complet de 2013 : UNDP Audit 2013


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