Réduire par trois le risque de trouble de stress post traumatique

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Un entrainement attentionnel informatisé préventif mis au point par le Prof. Yair Bar-Haim et Dr. Ilan Wald de l’École de psychologie et de l’École de Neuroscience de l’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec le corps médical de Tsahal et son homologue de l’armée américaine a permis de diminuer par trois le risque de développer un trouble de stress post-traumatique (TSPT) chez les militaires au combat. Testé sur les soldats ayant participé à l’opération Bordure protectrice en 2014, il va être mis en œuvre dans toutes les unités combattantes terrestres de Tsahal et place l’armée israélienne à la pointe de la médecine préventive dans le domaine de la santé mentale dans le monde.

Les résultats de l’étude ont été publiés hier (5.7) dans la revue Psychological Medicine.

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“Nous avons suivi des groupes de soldats d’infanterie à partir de 2008, depuis leurs classes jusqu’à leur service opérationnel”, explique le professeur Bar-Haim. “Nous avons constaté que ceux qui s’abstenaient de prêter attention aux menaces potentielles de leur environnement risquaient davantage de développer un syndrome de stress post-traumatique par la suite”.

Le système neurocognitif qui régule l’attention aux menaces de l’environnement est actif en permanence chez tous les individus. Lorsque nous marchons dans la rue, par exemple, une partie de notre attention est systématiquement dirigée vers les dangers potentiels: visages menaçants, mouvements brusques, voitures qui se dirigent vers nous rapidement etc.

“Sur le plan pratique, un militaire au combat devrait être plus attentif aux menaces de l’environnement qu’une simple personne qui marche dans la rue”, dit le Prof. Bar-Haim. “Au niveau psychologique, un soldat qui évite de prêter une attention précise et suffisante aux menaces de l’environnement pendant une opération militaire est  davantage susceptible de développer un symptôme post-traumatique par la suite. L’un des problèmes les plus importants des personnes qui souffrent de stress post-traumatique est l’incapacité de se confronter à l’événement traumatique sur le moment et le fait de le revivre sans contrôle par la suite. Il en résulte des flashbacks, des insomnies et une tentative d’éviter tout ce qui pourrait rappeler ou réveiller l’expérience traumatique. Une partie de la difficulté est associée au fait que l’événement traumatique n’a pas été assimilé correctement en temps réel. ”

“Suite à ces résultats, nous nous sommes demandé si nous pouvions faire un pas supplémentaire et former au moyen de l’ordinateur le système d’attention à la menace des soldats encore au stade de l’entrainement, et de réduire ainsi le risque de trouble post traumatique par la suite. Il s’agit d’un programme informatique qui présente simultanément des stimuli neutres et menaçants, comme des images ou des mots, et demande au participant d’identifier des objectifs qui apparaissent sur l’écran à côté de ces stimuli. L’entrainement dure environ dix minutes, et le soldat doit s’entrainer individuellement quatre fois par mois”.

A partir de fin 2012, environ 800 soldats des troupes de combat de l’une des brigades d’infanterie de Tsahal ont suivi cette formation informatisée. Quatre mois après la fin des combats de l’opération Bordure protectrice en été 2014, le Prof. Bar-Haim et son équipe a examiné combien d’entre eux ont développé le syndrome de stress post-traumatique.

“Un trouble de stress post traumatique a été diagnostiqué parmi 7,8% des soldats qui n’ont pas suivi l’entrainement informatisé. Parmi ceux ayant suivi cet entrainement seuls 2,6% ont développé le syndrome. Il s’agit d’une différence significative. Cela signifie que si un soldat s’entraine sur son programme d’ordinateur son risque de développer le TSPT est trois fois plus faible. ”

A la lumière de ces résultats positifs, Tsahal a récemment décidé de mettre en œuvre l’entrainement informatisé du Prof. Bar-Haim et de son équipe dans la formation des soldats des toutes les troupes de combat terrestre. Ces jours-ci les chercheurs travaillent en collaboration avec le commandement des forces terrestres, le médecin en chef et le chef du département de la santé mentale de Tsahal, le colonel Dr. Karen Ganit, pour mettre en œuvre le système dans l’armée. En outre, l’armée américaine, qui était parmi les bailleurs de fonds de la recherche, est en train d’examiner l’efficacité du système parmi ses soldats.

“Il est assez rare qu’une étude cognitivo-comportementale débouche sur une intervention préventive efficace, et encore plus rare qu’une telle intervention soit mise en œuvre d’une manière si large et si rapide”, dit le Prof. Bar-Haim. “L’amélioration de la résilience mentale des soldats et la réduction de leurs risques de développer un TSPT par la suite est une grande nouvelle, et place l’armée israélienne à la pointe de la médecine préventive dans le domaine de la santé mentale dans le monde”.


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