Vidéo : Cette ONG israélienne qui sauve des réfugiés syriens

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Témoignage poignant du Docteur Iris Adler qui raconte son expérience de secours humanitaires et d’assistance médicale aux réfugiés syriens à Lesbos en Grèce avec IsraAid.

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Il y a un contraste énorme entre les odeurs de l’île – l’eau salée, les restaurants festifs avec leur abondance de poissons fumés et grillés et l’odeur du bord de l’eau où les demandeurs d’asile syrien émergent après un long voyage.

Certains d’entre eux ont eu leurs maisons bombardées il y a des années et sont sans-abri errant sur la route. Face à ces difficultés palpables, il était difficile de retenir les larmes d’épuisement physique et émotionnel, l’empathie, que j’ai ressenti pour les 3 000 à 5 000 personnes qui venaient tous les jours jusqu’au rivage sur des petits bateaux après un voyage long et dangereux. Ils y avaient des larmes de douleur (nous avons eu deux cas de noyade chaque semaine, principalement des enfants) et des larmes de joie (ils étaient en sécurité maintenant et nous pourrions leur donner les premiers soins,  de l’aide médicale, alimentaire et de l’eau dont ils avaient besoin désespérément).

En début de cette année (2015), je me suis portée volontaire pour faire partie d’IsraAID, un organisme d’aide humanitaire israélien qui répond aux crises et situation d’urgence et qui s’engage dans le développement international dans le monde entier. Comme je terminais la faculté de médecine et un stage dans un des hôpitaux locaux, il m’est paru indispensable de faire du travail humanitaire, pour améliorer le monde. J’aurai bien le temps plus tard de poursuivre une vie normale, donc quand IsraAID m’a appelé et m’a dit qu’ils avaient une mission avec une équipe de six personnes pour aller à Lesbos (Grèce), j’étais heureuse de la prendre.

Mon équipe a été divisée en deux types de personnes, les médecins et les psychologues. Les travailleurs sociaux et psychologues attendraient dans les camps de réfugiés pour traiter les gens. Nous campons sur la plage et aidons les réfugiés qui descendent de leurs embarcations et qui luttent jusqu’au rivage. Cela nous occupe 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Les réfugiés arrivent sur la plage avec leurs manteaux détrempés, leur seul bien (si ils en ont)  est stocké dans un sac tout aussi humide. Ils sont démunis – familles, mamans, bébés, émergeant de l’eau avec rien.

Les jours ont été émotionnellement et physiquement exigeants et éprouvants Certains jours sont poignants quand le matin nous avons enterré un bébé de 8 mois que nous avions essayé de sauver mais qui a succombé à ses maux. Quelques heures plus tard, nous avons fait naître un enfant sur cette même plage –un beau bébé. Le contraste entre l’enterrement et la naissance nous a tellement émus. Ce n’était pas une expérience facile.

Mais en quelque sorte, pendant les trois semaines où j’étais à Lesbos, je me sentais comme si j’étais née pour faire cela. J’ai été élevé avec mes grands-parents, qui étaient aussi médecins et qui ont travaillé avec les patients défavorisés. J’ai grandi avec les messages de tikkun olam, réparation du monde. Bien que je ne crois pas être unique ; Tikkun olam est quelque chose d’inhérent à notre culture juive à nos valeurs et à notre éducation. Je suis devenue encore plus consciente de ce fait cette année, depuis que je m’implique dans ROI Community. J’ai rencontré de nombreux jeunes d’Israël et du monde entier qui, comme moi, veulent transformer les mots en action et améliorer le monde.

Une autre chose s’est passée sur l’île, que je n’avais pas prévue. Pour beaucoup de réfugiés, j’étais la première israélienne qu’ils rencontraient. Ils ont été élevés dans la rhétorique que je suis leur ennemie et tout à coup, ils atterrissent sur ce rivage, et je suis devenue l’un de leurs sauveurs. Bien que certains d’entre eux aient été surpris de me voir dans un premier temps, mais ils ont vite vu que j’étais là pour eux et rapidement les barrières sont tombées. Beaucoup sont partis en me serrant dans leurs bras. Avec certains des réfugiés, j’ai gardé un contact étroit.

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Il y avait cet homme qui avait besoin d’aide en raison d’une blessure à la jambe. Quand il a vu ma chemise IsraAID, il m’a dit qu’il y a trois ans, il a combattu avec les rebelles sur les hauteurs du Golan. Au cours de la bataille, il fut gravement blessé et il est venu à la clôture de la frontière avec Israël. L’armée israélienne l’a secouru et il a reçu un traitement au centre médical Rambam. Maintenant, trois ans plus tard, alors qu’il arrivait sur la plage de Lesbos, la première personne, qu’il a rencontré était moi, une Israélien, qui était là pour l’aider à nouveau. Il se rendit compte de la coïncidence.

 

Comme israélienne juive, il m’est plus facile de sentir ce que traversent les demandeurs d’asile. Alors que je n’ai jamais été une réfugiée, mes grands-parents l’étaient. Quand je me tenais sur les rives de Lesbos et que je sortais des bateaux les réfugiés, j’ai pensé à mes grands-parents et cela m’a aidé à renouer avec eux et à comprendre leurs souffrances – probablement plus que beaucoup d’autres membres d’autres équipes qui effectuaient ce travail sacré.

Au début de l’hiver, les intempéries et les hautes vagues sont susceptibles de prendre plus de vies. Il y a plus de cas de grave d’hypothermie et de noyade. J’ai appris par un ancien collègue que deux bateaux ont commencé à couler, tuant de nombreuses personnes, y compris des enfants. Des dizaines de demandeurs d’asile sont toujours portés disparus dans les vagues.

Je ne peux pas m’asseoir chez moi tranquillement, sachant ce qui se passe. Je me suis organisée pour y retourner. Les réfugiés ont besoin de moi… ils ont besoin de nous.

Si souvent, nous parlons de tikkun olam. Mon travail à Lesbos était la première fois j’ai senti que je faisais le tikkun olam.

Mon travail avec IsraAID : quand Tikkun Olam est devenue Actions et non que des mots

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