En 2016, Je dessine Barghouti en prétendant que c’est un Mandela palestinien

Shares

La presse française a rapporté que l’Ambassade d’Israël à Paris a demandé à une maison de vente aux enchères, d’exclure un portrait de Marwan Barghouti d’une prochaine vente de charité au profit de Reporters Sans Frontières (RSF). 

Ce dessin montre un portrait M.Barghouti dessiné sur la Une du quotidien Libération titrant sur la mort de Yasser Arafat, à côté duquel s’inscrit une annotation manuscrite de l’artiste, Ernest Pignon-Ernest disant: « En 1980, quand j’ai dessiné Mandela, on m’a dit que c’était un terroriste. »
L’Ambassade a alors fait remarquer à la maison de vente aux enchères que, en présentant un portrait de Barghouti, dans une vente de charité, tout en le comparant à Mandela, cela donnerait une légitimité à un terroriste condamné à la prison à vie par la justice israélienne, en le présentant comme un homme de paix.
La maison d’enchères a accepté d’exclure ce lot, constatant lors de la réalisation de son catalogue que ce portrait risquait d’être une « patate chaude ».
En réponse, RSF a décidé de retirer la totalité de vente, en criant pour la liberté d’expression.

Sois informé en temps réel ! Suis-nous sur...

CoolIsraël a décidé de vérifier qui est vraiment Marwan Barghouti ?


Qui est donc le prisonnier Marwan Barghouti ?

Marwan Barghouti,  né le 6 juin 1959 près de Ramallah, commandait les « Tanzim « , créés en 1983 par le Fatah et les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, branche des Tanzim créée en 2000 afin de commettre des attentats contre des Israéliens, sans mettre le blâme sur le Fatah.
Après un attentat-suicide terrible à Jérusalem en 2002, le département d’Etat américain l’a immédiatement ajouté à sa liste de groupes terroristes.

Dès sa création, l’organisation a maintenu ses activités violentes contre Israël, et a servi de milice palestinienne interne contrer la nouvelle organisation islamique radicale Hamas.

En 2000, les Tanzim ont opté pour l’action terroriste, d’abord auteurs d’attentats à l’arme automatique le long des routes bordant la ligne verte et dans la bande de Gaza puis peu à peu responsables de nombreux attentats-suicides dans des autobus ou des lieux publics.

Les « Tanzim » ont été les premiers à utiliser des terroristes femmes pour réaliser des attentats-suicides.

Le plus connu étant celui du kibboutz Metzer en 2002, au cours duquel 5 civils ont été tués ; notamment Revital Ohayon (34 ans) et ses 2 enfants âgés de 4 et 5 ans tués à bout portant dans leur maison où le terroriste s’était infiltré.

En 2002, Barghouti a été capturé à Ramallah au cours d’une opération militaire, et a été jugé par un tribunal civil en Israël. Barghouti y a été reconnu coupable d’avoir donné un ordre direct de commettre des attentats terroristes ayant conduit à la mort de 4 personnes et blessé des dizaines d’autres. En raison de restrictions imposées par la loi israélienne qui ne s’applique pas à un chef d’organisation criminelle terroriste, Barghouti a été acquitté de 32 chefs d’accusation de meurtres qui ont été commis par ses hommes ; bien que condamné par la justice israélienne à cinq peines cumulées de prison à perpétuité.

 

Rappelons le processus juridique rigoureux dont il a fait l’objet :

Le tribunal a indiqué que l’accusé avait eu connaissance à l’avance de chacune des attaques terroristes, ou qu’il aurait été impliqué personnellement dans toutes les attaques qui ont été menées par les membres du Fatah.

Y compris celles pour lesquelles l’accusé n’a pas été reconnu coupable, qu’il aurait planifiées et fait exécuter par ses complices, qui étaient sous son commandement direct. C’est sciemment qu’ils ont tout fait pour éviter de le [Barghouti] compromettre.

Cette stratégie prouve que l’accusé cherche à préserver son image de leader politique et à faire oublier son passé criminel de chef militaire d’une organisation terroriste.

 

Au chapitre de ses condamnations (extrait du jugement – mai 2004) :

  • 15/1/02 : Barghouti a été le commanditaire d’une attaque terroriste  de Muhammad Matsa et son groupe. A 19h45 : une embuscade a été tendu aux voitures qui roulaient le long de la route 443 (près de la station de gaz à proximité de Pisgat Ze’ev-Jérusalem). Le terroriste a avancé vers la voiture de Yoela HEN (34) qui est la mère de 2 enfants, et sa tante s’assurant qu’ils étaient bien israéliens, il a ensuite tiré sur les 2 femmes. Yoela est morte. 
    A peine après l’attaque, ils ont immédiatement effectué un rapport à Barghouti. (La tante  survivante s’est adressée directement au terroriste afin de le persuader d’arrêter de tirer, en l’interrogeant : “Qu’ai-je donc fait contre vous ?”)
  • 5/3/02. 
    Brahim Hasuna s’est rendu au restaurant “C-Food” sur le bd Menachem Begin de Tel-Aviv. Il était armé d’un fusil M-16, d’une grenade à main et d’un couteau à une heure de pointe où le restaurant était bondé. Hasuna s’approche du Pont Maariv  qui est situé devant le restaurant, et a ouvert le feu sur les clients attablés. Bien heureusement, les grenades n’ont pas explosé instantanément. Il a ensuite poignarder 3 personnes qui sont décédées, et fait une douzaine de blessés. Barghouti a commandité cet attentat, qu’il prévoyait au départ de commettre en Cisjordanie. Après cet attentat, il exige que chaque terroriste se réfère à lui pour toute revendication.
  • 12/06/2001 
    Ismail Radaida et un groupe de terroristes ont pris en embuscade des voitures, qui étaient sur la route de Jérusalem près de Maale Adumim. À 22:40, le terroriste Ismail Radaida a commencé a tiré avec sa kalachnikov  qui (fourni par les hommes de Barghouti). Zipkatakis Germanus, un prêtre grec-ortodoxde a succombé aux balles de kalachnikov. L’attaque a été revendiquée par Barghouti où chacun des terroristes lui a fait un compte-rendu.

À la lecture du dossier Barghouti, on comprendra mieux la réaction israélienne. Lorsque la presse française fait référence à la question de la liberté artistique, il faut se demander si RSF aurait apporté les mêmes revendications ou même proposé ce portrait à la vente, si le portrait était celui du commanditaire des attentats de Charlie Hebdo, ou du Bataclan ?


Shares

Commenter cet article

commentaires jusqu'à présent. Ajouter le votre