L’Iran va-t-il suivre l’exemple de la Corée du Nord en matière de nucléaire ?

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Iran suivra t-il la voie de la Corée du Nord en matière de nucléaire une fois les sanctions levées ?  

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Israël a dénoncé l’essai mené par la Corée du Nord craignant qu’il serve d’exemple pour l’Iran même si Téhéran s’est engagé à ne pas développer son arsenal nucléaire. 

Le Mercredi 6 janvier 2016 : La Corée du Nord a annoncé avoir mené son premier essai réussi de la bombe nucléaire à hydrogène. 

Ce qui a entraîné une condamnation unanime des pays du monde entier.  Vers 10h00 (heure locale et 2h30 à Paris),  un tremblement de terre d’une magnitude de 4,8 à 5,1 sur l’échelle de Richter a été ressenti en Corée du Nord, confirmé par les sismographes des Etats-Unis, de Corée du Sud et aussi du Japon.  Pyongyang, la capitale nord-coréenne, affirme que l’essai a été personnellement ordonné par Kim Jong-Un à deux jours de son anniversaire. Il s’agit du quatrième essai nucléaire de la Corée du Nord, qui est soumis depuis des années à des sanctions internationales en raison de son programme nucléaire. Ce qui représente un danger imminent pour ses voisins qui sont encore dans un état de guerre avec Pyongyang (la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis qui maintiennent 40.000 soldats sur le sol sud-coréen). Les trois précédents essais nucléaires nord-coréens, réalisés en octobre 2006, mai 2009 et février 2013, ont à chaque fois entraîné un alourdissement de mesures punitives adoptées par l’ONU, Washington ou l’Union européenne. Cela cible surtout des établissements financiers et des entreprises rattachées aux activités nucléaires et balistiques de la Corée du Nord. 

Suite à cet essai, le Conseil de sécurité des Nations Unies, s’est réuni en urgence à huis clos ce mercredi, afin d’adopter des mesures supplémentaires contre Pyongyang.

L’impuissance des sanctions, et l’immobilisme de la communauté internationale

Israël redoute que l’essai nucléaire conduit par la Corée du Nord n’inspire l’Iran. Ces craintes reposent sur le fait que depuis les années 1970 la Corée du Nord a fourni la technologie, et la majorité des missiles, des roquettes produites en Iran et en Syrie et ceux des arsenaux du Hezbollah. Déjà, en 2007, la Corée du Nord avait fourni un réacteur nucléaire. Selon des sources occidentales, des experts iraniens étaient présents lors du deuxième essai nucléaire qui a été effectué en 2013. Il est probable qu’ils aient également assisté à l’essai de la Bombe H ce mercredi 6 janvier. Or, si la Corée du Nord possède la capacité de monter une ogive hydrogène (tête nucléaire) sur un missile balistique, cette technologie pourrait également être transmise à l’Iran en un court laps de temps. Une fois les sanctions économiques internationales levées courant 2016, l’Iran possédera les fonds nécessaires pour acquérir une telle technologie.

Plus grave est le fait que les sanctions internationales à l’encontre la Corée du Nord n’empêchent en aucun cas la poursuite du programme nucléaire iranien en toute impunité. Les sanctions qui ont été adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU prévoient un embargo total sur la fourniture, la vente et le transfert d’armes et de matériel lié à des armes à la Corée du Nord. Les dirigeants nord-coréens ont l’interdiction de voyager à l’étranger. Les promesses et engagements qui sont signés ne sont pas respectés, aucune confiance ne peut donc leur être accordée. Au travers de ses essais nucléaires, la Corée du Nord s’oppose formellement aux inspections de l’AIEA (l’Agence internationale de l’énergie atomique) depuis 2009. Elle effectue un essai nucléaire, puis affiche peu après la volonté de se désinvestir de ses capacités nucléaires en échange de l’importation de matières premières provenant de l’Occident.  

 

En Iran, le camp des conservateurs mené par le chef spirituel Ali Khamenei, considère dans sa majorité l’accord historique sur le  nucléaire iranien conclu le 14 juillet 2015 à Vienne comme une erreur. Cet accord, censé limiter son programme nucléaire, prévoit en principe une intensification des inspections par l’Agence internationale de l’énergie atomique comme le démantèlement de centrifugeuses et la réduction du stock d’uranium enrichi. En dépit de ces engagements certains font néanmoins une comparaison entre le comportement de l’Iran et celui de la Corée du Nord, affirmant que l’accord nucléaire iranien ne tiendrait la route puisque cela n’a pas jamais été faisable avec la Corée du Nord. Or, une fois ces inspections réalisées, les sanctions contre Téhéran pourront être levées. Certains présages qu’une fois que cela se produira, la même situation que celle produite avec la Corée du Nord, pourrait se reproduire avec l’Iran : une fois les sanctions levées, l’Iran pourrait reprendre ses mauvaises habitudes en matière de nucléaire, tout comme l’a fait la Corée du Nord auparavant.  Mais l’Iran viole déjà les accords : Téhéran a en effet dévoilé une installation souterraine de missiles balistiques de longue portée et les a testé en violation des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

D’autre part l’accord reste très flou quant aux mesures punitives qui pourraient être prises à l’encontre de l’Iran dans le cas où l’AIEA révélerait que ce dernier aurait violé certains de ces engagements en matière nucléaire, ce qui un problème car il n’y aura pas de mesures coercitives.

Le plan d’action conjoint (JCPOA) qui s’assure que le programme nucléaire de l’Iran sera exclusivement pacifique, prévoit que l’Iran divulgue à l’AEIA des renseignements essentiels au sujet de son programme nucléaire dans les prochains mois. En échange, les sanctions seront levées ce qui permettra à la République islamique de récolter une importante manne financière équivalente à un quart du PIB annuel total de l’Iran. Cette somme pourrait donner à l’Iran la capacité de développer la recherche et le développement en matière nucléaire et de poursuivre un chemin clandestin vers l’acquisition de la bombe nucléaire.

Comme le montre la vidéo ci-dessus : 

 

Il a été révélé que ce sont les mêmes négociateurs américains qui ont conclu l’accord nucléaire avec la Corée du Nord en 1994 et qui ont travaillé sur l’accord nucléaire de l’Iran signé en 2015. On remarque également que les déclarations publiques des deux Présidents américains Clinton et Obama sont similaires, ce qui n’annonce rien de bon pour la situation en Iran. En effet, sous Clinton : l’accord a échoué puisque la Corée du Nord a mené son premier essai nucléaire en 2006.

L’accord de 1994 a été abrogé par la Corée du Nord quand elle pouvait le faire, et elle a continué à tester ses armes nucléaires. En Corée du Nord: l’Iran a participé à des essais nucléaires et y prend part encore aujourd’hui. Selon le Wall Street Journal, la Chine, qui n’est pas connue pour être alarmiste, dit que la Corée du Nord possédera 40 armes nucléaires – le double du nombre qu’elle possède aujourd’hui – d’ici 2016 et 75 à la fin de la décennie. 

Par ailleurs, l’Iran et la Corée du Nord ont signé un partenariat, qui est un accord de coopération dans les domaines de la science et de la technologie. L’accord-cadre a été négocié par Wendy Sherman qui doit s’appuyer sur la vérification de l’AIEA, ce que l’Iran refuse formellement. Les Iraniens payent pour le programme nord-coréen en échange les Iraniens reçoivent la connaissance et la technologie du programme.

Les Iraniens assistent à chaque essai nucléaire et chaque tir de missiles important.  Vu sous cet angle, l’accord nucléaire avec l’Iran permet avec plusieurs milliards de dollars d’employer des ingénieurs nucléaires nord-coréens. Cet argent sera utilisé afin de miniaturiser des ogives nucléaires pour ensuite les restituer à Téhéran.

L’accord ne ralentit pas le programme d’armement nucléaire de l’Iran, au contraire il va contribuer à le financer. L’administration Obama ne réitérerait-elle pas exactement la même erreur que l’administration Clinton à l’époque ? 


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