Les Druzes d’Israël : un espoir pour la coopération judéo-arabe

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Dans ce Moyen-Orient déchiré par la guerre, il est rare de trouver deux groupes avec des religions, nationalités et histoires différentes qui travaillent ensemble et qui développent une relation florissante. Pourtant, en Israël, la relation étroite entre Arabes druzes et Juifs israéliens est une lueur d’espoir pour l’avenir du Moyen-Orient.

Il est de même exceptionnel que les 130 000 Druzes israéliens, ni musulmans ni chrétiens, aient survécu au Moyen-Orient, en évitant le sort souvent horrible réservé aux autres minorités comme les Chrétiens, Yazidis et les Chiites.

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Les Druzes d’Israël qui parlent l’hébreu et l’arabe sont une forte communauté avec leurs propres écoles et tribunaux religieux. Une étude a montré que 94 % des jeunes druzes se sont identifiés comme Druzes israéliens loyaux envers Israël. Ils vivent principalement dans le nord d’Israël dans des villages de montagne et dans quelques villages mixtes avec les autres communautés arabes.

Quand Israël a été attaqué récemment par des éléments druzes syriens sur le plateau du Golan, ils ont été condamnés par les Druzes israéliens. À leur tour, les Israéliens ont averti les islamistes de rester loin des villages druzes syriens. Les 17 000 Druzes qui vivent sur le plateau du Golan ont été loyaux envers le régime syrien mais maintenant ils sont de plus en plus résignés et probablement même soulagés, d’être en Israël plutôt que d’être déchirés par la guerre en Syrie.

Groupe secret religieux fondé au XIème siècle, les Druzes sont uniques de plusieurs façons. Ils vénèrent Jéthro, le beau-père de Moïse, qui est leur prophète principal et le tombeau de Jethro se trouve en Israël près de Tibériade. Leurs prophètes sont Moïse, Jésus et Mahomet. Ils  ne font pas de prosélytisme depuis le milieu du XIe siècle. La base de la religion druze est un monothéisme distinct avec une croyance en la réincarnation. Ils croient en l’unité de Dieu et rejettent l’iconographie. Ils n’ont aucun ensemble de rituels et de cérémonies.

Seule une élite qualifiée (moins de 10% de la population) a accès aux Saintes Écritures et lit  la littérature religieuse Druze. Il n’y a aucun clergé. Il est interdit de fumer, manger du porc ou boire de l’alcool. Les femmes veuves ou divorcées ne sont pas autorisées à se remarier. Contrairement aux femmes arabes, la majorité des femmes druzes travaille à l’extérieur de la maison.

Leurs villages installés dans les montagnes assurent une certaine protection pour les Druzes. Après avoir combattu les Israéliens pendant la guerre d’Indépendance de 1948, ils ont changé de camp et depuis 1956 ont accepté le service militaire obligatoire. Ils ont été influencés par les persécutions d’avant 1948 par les nationalistes arabes qui tentaient de s’emparer de leur tombeau de plus sacré, celui de Jethro sur le lac de Tibériade.

80% des hommes druzes servent dans l’armée israélienne. Certaines femmes druzes israéliennes ont également servi dans l’armée et occupent de hautes fonctions. Dans l’ensemble, 760 officiers supérieurs israéliens ont été druzes dont un bon nombre ont servi dans des unités d’élite. Proportionnellement, ils sont mieux représentés dans les unités combattantes que les Juifs. Récemment ils ont dissous leur propre unité spéciale et sont pleinement intégrés dans l’armée israélienne.

En tant que citoyens israéliens, les Druzes ont le droit de vote aux élections. Ils profitent de la prospérité économique d’Israël, bénéficient de l’assurance maladie universelle, de la primauté du droit, de l’indépendance du système judiciaire et ont plusieurs représentants à la Knesset. Des Druzes sont devenus  acteurs, diplomates, politiciens, juges, commandant de police et même Président d’Israël par intérim.

Les Druzes offrent un espoir pour l’avenir de la coopération judéo-arabe.

Source : Huffington Post


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