Colloque : Exils des langues, langues d’exil : les deux rives de la Méditerranée

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JOURNÉE D’ÉTUDES PARIS-CEAO

SALLE 418A

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Le projet « Exil de Langues, Langues d’Exil », initialement ancré autour de la Méditerranée, accorde désormais une place importante à la recherche dans d’autres aires socioculturelles dans le cadre européen. Après deux journées d’étude organisées à Lille 3 les 21 et 22 avril, celle de Paris 3 le 12 mai abordera les stratégies linguistiques d’auteurs en exil en analysant leurs modes d’expression et la manière dont ils utilisent le langage dans leurs textes. Au programme : l’expression poétique de l’exil ; les littératures juives en exil ; les deux rives de la Méditerranée. 

 

MARDI 12 MAI 2015 – MATIN

9h45 ACCUEIL

EXIL ET ERRANCE

10h – 10h 30 ISABEL VIOLANTE (Paris 1)

Des langues « fourrées de lames de rasoir et trempées dans du venin » : Ornela Vorpsi entre l’albanais, l’italien et le français.

10h 30 – 11h CHAHNAZ SALAMI (Doctorante à l’IEP de Lyon II M2 : Études Iraniennes à Paris 3)

Une écriture du hors-lieu à la confluence de plusieurs langues, plusieurs cultures et plusieurs imaginaires : étude sociologique de la littérature des écrivains iraniens immigrés en France.

11h – 11h 15 PAUSE CAFÉ

11h 15 – 11h 45 ZAÏNEB BEN LAGHA (Paris 3)

L’exil comme malédiction dans Les villes de sel – 1 – L’errance, de ‘Abd al-Rahmān Munīf.

11h 45 – 12h 15 SADIA AGSOUS (Inalco)

Les écrivains palestiniens d’Israël, l’exil comme métaphore.

12h 15 – 14h 15 PAUSE DÉJEUNER

 

MARDI 12 MAI 2015 – APRÈS-MIDI

LA FRANCE, REFUGE DES LANGUES EN EXIL ?

14h 15 – 14h 45 AMOTZ GILADI (Inalco)

Joseph Roth et Irène Némirovsky dans la France de l’entre- deux-guerres : de l’identification à l’isolement.

14h 45 – 15h 15 NAOMI NICOLAS-KAUFMAN (Paris 3)

Langue expirée, langue exilée : traduire la poésie yiddish en français.

15h 15 – 15h 30 PAUSE CAFÉ

15h 30 -16h MICHÈLE TAUBER (Paris 3)

La langue française, un refuge pour le yiddish exilé

dans l’oeuvre de Robert Bober et de Cyrille Fleischman.

16h – 16h 30 ÉMILIE PICHEROT (Lille 3)

L’aljamiado des Morisques, allographie d’un exil intérieur.

 

CHAHNAZ SALAMI (Lyon II et Paris 3) : Une écriture du hors-lieu à la confluence de plusieurs langues, plusieurs cultures et plusieurs imaginaires : étude sociologique de la littérature des écrivains iraniens immigrés en France.

De plus en plus de romanciers iraniens sont aujourd’hui à la croisée de plusieurs cultures langues et imaginaires. Ils peuplent cet espace de personnages déterritorialisés et font désormais de la confrontation avec la société dans laquelle ils vivent le thème récurrent de leurs récits. Désormais, au coeur de la fiction, la figure nouvelle de l’immigré dessine une forme d’étrangeté, de non-coïncidence de Soi à l’Autre qui met à nu ce qui se joue dans la relation d’altérité. En tant que thème littéraire, l’exil traverse la littérature iranienne au point d’en constituer un des topoi majeurs. Cette communication s’intéresse à la nouvelle génération d’écrivains de l’immigration : ceux qui revendiquent le dépassement de la notion même de littérature nationale par un positionnement identitaire, se situent à la confluence de plusieurs cultures, plusieurs langues, plusieurs imaginaires, rejettent tout ancrage dans un espace national et expérimentent des procédés d’écriture marqués à la fois par l’hybridation et l’hétérogénéité.

ZAÏNEB BEN LAGHA (Paris 3) : L’exil comme malédiction dans Les villes de sel 1 – L’errance, de ‘Abd al-Rahmān Munīf.

Dans son roman L’errance, premier tome de la pentalogie Les villes de sel, ‘Abd al-Rahmān Munīf évoque les transformations qui affectent la Péninsule arabique aux premiers temps de l’exploitation pétrolière et plus particulièrement le sort des populations dont les territoires deviennent des concessions attribuées à des sociétés américaines chargées du forage et de l’acheminement du pétrole vers les zones portuaires. Déracinées, ces populations sont contraintes à l’exil et voient leur mode de vie complètement bouleversé. Pour survivre et subvenir aux besoins des leurs, les hommes s’installent dans des villes nouvelles en tôle, nées dans le désert, et travaillent comme ouvriers dans cette

induxtrie pétrolière naissante. Le roman se présente comme une mise en récit de cet exil contraint, vécu par ceux qui le subissent comme une malédiction qui affecte onomastique et toponymie. Récit d’une malédiction, le roman est aussi le récit fondateur d’une identité collective qui s’incarne dans un lieu qui n’est plus, paradis perdu à jamais, et se dote d’un père fondateur mi-fou mi-prophète disparu mystérieusement.

SADIA AGSOUS (Inalco) : Les écrivains palestiniens d’Israël, l’exil comme métaphore.

La littérature de la minorité palestinienne d’Israël est produite dans sa majorité en langue arabe. Toutefois, elle cède un espace, certes étroit, pour ceux, comme Atallah Mansour et Anton Shammas, qui ont exprimé l’identité et la terre palestinienne dans le champ littéraire en langue hébraïque. Nous examinerons à travers les expériences de Taha Mohammed Ali, d’Émile Habibi et de Sayed Kashua une littérature tourmentée par l’écrivain « enraciné », non exilé : celui de l’intérieur. Edward Said dit qu’« être à l’intérieur est un privilège qui est malheur, pareil au sentiment d’être prisonnier dans une maison qu’on possède » (Said, 1999). Ainsi, écrire sur cette terre et sur cette identité ne représente-t-il pas un exil symbolique ? Cette communication s’attachera à mettre en évidence le lien entre l’exil du déraciné Mahmoud Darwich et celui des écrivains et poètes palestiniens d’Israël pour interroger une identité palestinienne qui s’articule tel un exil métaphorique qui continue à nourrir une littérature minoritaire bilingue.

AMOTZ GILADI (Inalco) :Joseph Roth et Irène Némirovsky dans la France de l’entre-deux-guerres : de l’identification à l’isolement.

Joseph Roth et Irène Némirovsky, nés tous les deux dans des familles juives d’Europe de l’Est, s’exilent à Paris dans l’entre-deux-guerres. Si leurs trajectoires diffèrent quant à l’origine sociale, aux circonstances de l’immigration et à la langue d’écriture, ils partagent, paradoxalement, l’assimilation de certains éléments du discours nationaliste français, par

lequel ils sont eux-mêmes visés. Or, à partir de la deuxième moitié des années 1930, ils se heurtent aux limites de cette adhésion et se trouvent de plus en plus isolés.

MICHÈLE TAUBER (Paris 3) : La langue française, un refuge pour le yiddish exilé dans l’oeuvre de Robert Bober et de Cyrille Fleischman.

Dès le début du XXè siècle, la langue yiddish arrive en France en même temps que les émigrants juifs d’Europe Orientale. Le yiddish exilé de ses territoires trouve un refuge dans la langue française et devient même chez les écrivains Robert Bober (1931) et Cyrille Fleischman (1941-2010) un dibbouk présent en filigrane dans toute leur oeuvre.

ÉMILIE PICHEROT (Lille 3) : L’aljamiado des Morisques, allographie d’un exil intérieur.

Très rapidement convertis après la chute de Grenade en 1492, les musulmans d’Espagne deviennent des Morisques accusés jusqu’à leur expulsion définitive en 1609 d’être des crypto-musulmans. Une pratique manuscrite propre à cet islam clandestin se développe et permet de maintenir un contact symbolique avec la langue sacrée. Les manuscrits ditsaljamiados sont ainsi rédigés dans des dialectes romans transcrits en alphabet arabe. Les études qui leur sont consacrées révèlent une prédilection pour les thématiques religieuses mais une analyse littéraire montre que les préoccupations communautaires qui y sont reflétées dépassent ce simple conservatisme. La thématique de l’exil (dans la Péninsule ou hors de celle-ci) craint par ces populations marginalisées y est par exemple tout à fait importante.

 

UNIVERSITE-SORBONNE NOUVELLE PARIS 3

13, rue de Santeuil 75005 PARIS

Métro : Censier Daubenton

Entrée libre


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