L’incroyable succès des séries made in Israël

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Samedi 14 mars, la nuit tombe sur la pierre blonde des murailles de Jérusalem. Dans l’enceinte de la YMCA, qui possède une vue imprenable sur les remparts de la ville sainte, le gotha de la télé mondiale se retrouve autour d’un cocktail. On y croise Richard Plepler, pdg de la chaîne américaine HBO, Andrea Wong, présidente de la production internationale de Sony, ou encore le patron de la chaîne musicale MTV. Un mois avant le MIP TV (le marché des programmes audiovisuels cannois, du 13 au 16 avril 2015, à Cannes), Keshet, le diffuseur et producteur israélien, celui-là même qui se tient derrière le succès de la série télé Hatufim et de son adaptation américaine Homeland, reçoit. Ce soir-là, on prévoit de projeter Dig, nouvelle pépite de Keshet (mais produite aux États-Unis), une série thriller façon Da Vinci Code (un agent du FBI met le doigt sur une conspiration religieuse, après avoir poursuivi à Jérusalem l’assassin présumé d’un antiquaire de Chicago).

Depuis bientôt dix ans, l’incroyable succès des séries « made in Tel-Aviv » ne se dément pas. Tout a commencé avec BeTipul en 2005, la série psy du scénariste Hagai Levi, qui a très vite connu son adaptation américaine, In Treatment. Dernier exemple en date de la créativité israélienne, The Affair, autre « bébé » de Levi avec l’Américaine Sarah Treem, qui décrit l’anatomie d’un adultère à deux voix parallèles (elle, lui) et a décroché en début d’année le Golden Globe de la Meilleure Série dramatique.

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Comment ces objets télévisuels ont-ils fait carton plein ? Pour le savoir, il faut se rendre en banlieue de Tel-Aviv, dans le quartier high-tech de Kiryat Atidim. C’est là que trône le siège du groupe Keshet piloté depuis près de vingt ans par Avi Nir, unanimement loué par les poids lourds de la profession. « Nous sommes un peuple de storytellers. Si l’on a vendu autant de séries, originales ou remakes, c’est en raison de leur qualité d’écriture », pointe Keren Shahar, directrice de la distribution de Keshet International. « Ici, on n’a pas les moyens de produire des séries à grands renforts d’action et d’effets spéciaux. » Du coup, ce modèle de business low cost – une série israélienne de douze épisodes coûtant le prix d’un pilote (version de travail) américain – a favorisé une créativité débridée. « Parmi les points forts des auteurs israéliens, il y a le sens de la formule, du concept fort, du “format”, un peu comme dans les shows de divertissement », observe Bertrand Villegas, cofondateur de la société genevoise The Wit, vigie des contenus audiovisuels.

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