L’énigme du quartier arménien de Jérusalem

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Par Gilles Mangin pour Selectisrael

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La Veille ville de Jérusalem comporte quatre quartiers, juif, arabe, chrétien, et… Arménien. Les Arméniens n’ont participé à aucune guerre sainte ou croisades dans la région, la population arménienne n’excède pas actuellement 8 millions dans le monde… et pourtant la communauté arménienne possède un quartier couvrant un sixième de la superficie de Jérusalem ! La légitimité de ce quartier parait inscrite dans l’histoire sans que l’on sache exactement comment; il est vrai que l’on entend peu parler des arméniens à Jérusalem. Ils sont si discrets que c’est sans doute la raison pour laquelle ils y sont résidents depuis quelques 2000 ans.

Essayons de tracer quelques points de repères historiques qui expliquent l’ancrage de cette communauté : Il y a 2100 ans, l’empire arménien s’étend jusqu’au sud-Liban et leurs armées traversent la région. Dès ce moment, une communauté juive s’installe en Arménie et vice versa afin de développer le commerce entre les deux régions. En 70, les Arméniens d’abord défaits puis réconciliés avec les romains, sont envoyés après la destruction de Jérusalem comme artisans, commerçants, légionnaires et administrateurs.

La christianisation commence au même moment en Arménie pour se traduire en 301 par la proclamation du premier Etat chrétien au monde. Les pèlerinages existent déjà, mais c’est à partir de 313 lorsque l’Empire romain autorise la religion chrétienne que les Arméniens commencent à acheter et construire à Jérusalem. Ils deviennent et resteront jusqu’à ce jour la seule population chrétienne non arabe du Moyen-Orient.

Ils lancent des travaux d’excavation de lieux saints et construisent la première église du Saint Sépulcre. Au Vème siècle, deux événements majeurs marquent la communauté : l’invention de l’alphabet arménien qui ouvre la porte à un grand élan culturel; et au fil des conciles, la séparation définitive de l’Eglise apostolique arménienne des autres mouvements chrétiens. Ces événements vont permettre l’affirmation d’une identité arménienne qui possède sa propre culture, sa propre religion, et qui perdure encore aujourd’hui.

Non sans difficultés mais toujours avec une étonnante capacité d’adaptation et de négociation, la communauté arménienne de Jérusalem va traverser les âges, sièges, destructions, conquêtes, croisades, guerres…tenant fermement ses positions tant idéologiques que patrimoniales faces aux autres religions, gardant sa propre langue et sans jamais se mélanger avec d’autres communautés. Preuve de cet ancrage et de cette pugnacité, la cathédrale Saint Jacques, centre névralgique du quartier érigée en 1165 est un des seuls monuments religieux de Jérusalem à n’avoir jamais été détruit ou récupéré par une autre religion.

Aujourd’hui, il y a 3000 Arméniens à Jérusalem dont 500 résidents dans la Vieille ville principalement des séminaristes. Le Patriarcat possède tout le quartier ainsi que d’autres terrains dans Jérusalem ouest, et a la copropriété d’autres édifices religieux tels le Saint Sépulcre. La communauté est supportée financièrement par la communauté arménienne américaine.

Les pèlerins Chrétiens représentent plus de 50% des touristes en Israël, et les Arméniens sont  2% de ces pèlerins.


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