2 israéliennes à une réunion de victimes du terrorisme à Paris

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papillon

C’est une aventure humaine inédite en France qui s’est déroulée la semaine dernière près de Paris. L’Association française des Victimes du Terrorisme (AfVT) a organisé pour la première fois la rencontre de plusieurs jeunes victimes du terrorisme dans un gîte du Loiret, à une centaine de kilomètres au Sud de Paris.

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Le but de l’initiative, intitulée « projet papillon » était de réunir une vingtaine jeunes autour d’activités et de discussions, afin qu’ils se reconstruisent après avoir vécu l’expérience traumatisante d’un attentat ou de la perte d’un proche à la suite d’une attaque terroriste.

C’est le cas de Sephora, 22 ans et Shona, 17, israéliennes qui ont été blessées par l’explosion d’un missile du Hamas en 2004 alors qu’elles jouaient dans leur jardin. Elles avaient à l’époque 12 et 7 ans. Toutes les deux francophones, elles ont pu partir grâce à l’ONG One Family Fund qui aide les victimes du terrorisme en Israël.

Cette ONG israélienne permet à des familles du monde entier de parrainer des enfants victimes du terrorisme en Israël, dans le cadre de l’initiative “Adopt a Family”. Ainsi, des orphelins ou des familles endeuillées sont aidées par des donneurs internationaux, aussi bien sur le plan financier qu’affectif. 200 victimes ont ainsi trouvé une assistance grâce à One Family Fund.

L’ONG, c’est aussi 2 480 familles endeuillées par le terrorisme qui participent à des ateliers thérapeutiques et des activités sportives, 568 familles qui reçoivent une aide financière ou encore 38 victimes qui bénéficient d’aides à l’embauche.

En France, le projet papillon réunit 29 jeunes venus des quatre coins du monde. De Wafaa, qui a perdu son père dans les attentats de Casablanca au Maroc en 2003; à Viviana, dont le père a été tué par les FARCs en Colombie; on compte aussi des jeunes venus d’Algérie, de Russie, d’Italie, de Roumanie, et même de France.
En plus de cours d’art-thérapie, d’activités sportives et de séances de discussion, les participants sont surtout venus pour penser et travailler à la paix dans leurs régions du monde respectives.

C’est après avoir vu des projets tels que “Common bond”, réseau international pour les échanges entre jeunes victimes du terrorisme de l’ONG Tuesday Children, que Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l’AfVT, a choisi de créer le projet papillon.

Ayant lui-même perdu son père dans l’attentat du DC10 d’UTA, avion qui explosa au-dessus du désert du Ténéré en 1989, Guillaume Denoix de Saint Marc a décidé de monter l’AfVT afin de lutter pour la reconnaissance des victimes des attentats mais également de leurs proches, victimes au même titre des séquelles laissées par les crimes terroristes.

Dans une interview sur France Inter du 5 août 2014, il explique : « On s’est aperçu en tant qu’adultes qu’à chaque fois que l’on faisait des congrès internationaux de victimes du terrorisme et qu’on se rencontrait entre nous, ça nous faisait du bien, nous, en tant qu’adultes. On s’est dit, si ça nous fait du bien, pourquoi, ça ne ferait pas du bien à des ados ? »

Et d’ajouter : « on a voulu construire un pont là où les terroristes ont voulu cliver. Nous, on fait le travail inverse».

Cette initiative est le signe que lorsque des jeunes venus de différents horizons se rencontrent, ils peuvent tisser des liens et s’entre-aider, en dépassant les clivages du terrorisme et de leurs frontières respectives.


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