Une étudiante arabe israélienne fait la fierté du Technion

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ali selah

“Lors de mes voyages en Europe, les gens étaient surpris d’apprendre que des arabes-israéliens étudiaient l’ingénierie et la médecine en Israël et qu’ils y vivaient parmi des Juifs. C’est ce manque de sensibilisation européenne sur la réalité sociale d’Israël qui permet au BDS de gagner de nouveaux supporters désinformés.”

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Maïs Ali-Selah, une jeune femme musulmane de 27 ans vient d’obtenir son diplôme de médecine, première de sa promotion au Technion (université de recherche, équivalent au M.I.T).  Ouverte d’esprit, religieuse et féministe, elle brise un à un les stéréotypes. Contrairement à la propagande du mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions), son parcours académique  prouve qu’un boycott académique d’Israël est une approche contre-productive dans la résolution de conflit.Pire encore, le mouvement blesse les gens qu’il est supposé aider. C’est elle-même qui explique le mieux le paradoxe: “Un boycott académique d’Israël est une technique passive et ne réalise aucun des objectifs prétendus”.

En grandissant dans un village arabe du nord d’Israël,  aux environs de Nazareth, Maïs Ali-Selah utilisait rarement l’hébreu qu’elle avait appris à l’école. Ses débuts en cours de chimie à l’université étaient en conséquence un peu compliqués. Mais il n’a pas fallu longtemps à l’étudiante pour se défaire de ses lacunes linguistiques et arriver en tête de sa classe. En 2011, elle faisait partie d’une délégation de huit étudiants, à travers le pays,  qui ont tous reçu un prix d’excellence académique par le Parlement israélien.

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Selon elle, son talent académique lui vient de sa famille. Sa mère, Fahima, est retournée à la fac, après avoir élevé quatre enfants, pour obtenir un PhD en éducation. Son père, Rohi, aurait souhaité continuer ses études mais la mort de son père, quand il était jeune, l’a forcé à travailler pour soutenir ses petits frères. Maïs décrit une atmosphère libérale dans son village natal, Jaffa-Nazareth, et une communauté qui pousse les jeunes femmes à étudier.

Actuellement, la jeune femme se spécialise en Gynécologie-Obstétrique à l’hôpital du Mont Carmel de Haïfa. Dans son village, elle ne connait qu’une seule femme arabe docteur. Elle explique avoir choisi ce domaine médical, malgré les longs horaires, du  fait que beaucoup de femmes arabes préfèreraient consulter un docteur femme plutôt qu’homme. En plus de ses objectifs professionnels, elle souhaite contribuer à sa manière à la société arabo-israélienne.

Maïs Ali-Selah est consciente que beaucoup de jeunes femmes arabes la voient comme un modèle, et qu’elle dément, à travers son parcours, des perceptions erronées communes et des stéréotypes. Elle accuse les extrémistes de coopter l’Islam pour le radicaliser et d’influencer ainsi la perception des gens sur la religion et le rôle des femmes. Elle rajoute que “nulle part dans le Coran il est dit que les femmes ne doivent pas étudier. Au contraire, il insiste sur le fait que les femmes doivent être éduquées car c’est elles qui sont en charge de l’éducation de leurs enfants. C’est la même chose pour ce qui est de l’habillement. Les femmes sont supposées être vêtues avec modestie, mais il n’a jamais été dit qu’elles doivent porter de djellabas ou  couvrir leurs visages”.

Selon elle, “si la situation socio-économique des personnes  s’améliore,elles s’éduquent mieux et acquièrent ainsi une plus grande indépendance intellectuelle. Mais si on leur prend leur nourriture, elles se radicalisent religieusement”. Son mari, Nidal Mawasi, est d’accord avec elle. D’origine de Baqa al-Gharbiya, une ville arabe du centre d’Israël, il a, lui aussi,obtenu son diplôme au Technion. Ils se sont rencontrés alors qu’il y enseignait: ils attendent maintenant leur premier enfant.

Durant leurs voyages en Europe, ils racontent que les gens étaient surpris d’apprendre que des arabes-israéliens étudiaient l’ingénierie et la médecine en Israël et qu’ils y vivaient parmi des Juifs. C’est ce manque de sensibilisation européenne sur la réalité sociale d’Israël qui permet au BDS de gagner de nouveaux supporters désinformés. Le boycott s’acharne à  répéter le mensonge qu’Israël serait un pays où règne l’apartheid, en niant une réalité fondamentale: que les Arabes, et en particulier les femmes arabes, jouissent de plus de liberté, de droits et d’opportunités académiques en Israël que dans n’importe quel pays arabe.

Le boycott académique touche les chercheurs et limite leur enseignement. A la place, Maïs Ali-Selah favorise une position plus active, qui encouragerait le domaine académique de l’Autorité palestinienne et renforcerait les liens entre les universités palestiniennes.

La recherche médicale de Maïs n’a pas reçu d’impact négatif du boycott mais elle est certaine que tôt ou tard, le mouvement BDS affectera des chercheurs académiques, arabes et juifs. C’est pourquoi il faudrait que les efforts des activistes pour la paix au Moyen-Orient se concentrent plutôt sur du positif avec des success stories comme celle de Mais Ali-Selah.

Certains estiment à tort, que le cas de la jeune femme n’est qu’une exception dans la minorité arabe d’Israël. Mais il suffit de tenir compte du fait que les exceptions sont inhabituelles, et importantes.


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